Taïwan: un lourd héritage historique

Après plusieurs décennies de tensions diplomatiques, la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, le 2 août 2022, semble avoir porté les relations entre la Chine et les États-Unis à un niveau critique. Les revendications d’appartenance de Taïwan par la Chine continentale et les enjeux géostratégiques auxquels l’île est soumise depuis de nombreuses années ont fait d’elle un État de facto sans reconnaissance internationale. Cela n’a pas empêché sa population, composée aujourd’hui de 23 millions de Taïwanais, de construire sa propre identité. Pour comprendre pourquoi Taïwan se trouve aujourd’hui au cœur de l’inquiétante crise sino-américaine, il faut remonter au XVIIe siècle, au début des relations historiques de l’île avec la Chine, induites par sa proximité géographique avec le continent.

Les Portugais sont les premiers Occidentaux à arriver sur l’île en 1542. Ils lui donnent le nom de Formose : Ilha formosa, la « belle île ». À cette époque, les habitants de Taïwan ne sont pas chinois mais des Austronésiens qui seraient venus du sud-est de la Chine vers 3000 avant J.-C.

Au début du XVIIe siècle, Espagnols et Hollandais s’affrontent pour faire de Taïwan un relais de commerce entre la Chine et le Japon. Les Hollandais s’imposent et colonisent l’île en y développant l’agriculture et le commerce. Face à la résistance des populations aborigènes qu’ils tentent de christianiser, ils font venir des paysans de la province continentale du Fujian pour l’exploitation des terres des plaines occidentales de l’île.

En 1949, la guerre civile chinoise prend fin avec la victoire du Parti communiste chinois de Mao Zedong et la proclamation de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949 à Pékin.


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