Taïwan: une émotion intense après la catastrophe ferroviaire

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À Taïwan, sur le lieu de l'accident, les équipes de sauvetage s'efforcent d'évacuer les wagons enchevêtrés. Une centaine de proches des victimes ont participé, le samedi 3 avril dans l'après-midi à une émouvante cérémonie de prière taoïste près du lieu de la collision.

Non loin du lieu de la collision, un tunnel près de la ville côtière de Hualien, les larmes coulaient sur les visages des personnes présentes, certains improvisant des mémoriaux de fortune sur lesquels étaient inscrits les noms des personnes décédées, d'autres scandant les noms de leurs disparus. Un Français et un Américain figurent parmi les étrangers tués, selon les secours, la plus jeune victime étant âgée de 4 ans.

Frein à main mal serré ?

Les autorités ont déclaré que la collision de ce vendredi 2 avril, qui a tué au moins 50 personnes et en a blessé plus de 170, a été causée par un engin de chantier qui, après avoir glissé d'un talus, a heurté le train transportant environ 500 passagers qui s'apprêtait à entrer sous le tunnel. Le conducteur de la machine qui, selon les autorités ferroviaires, n'a peut-être pas correctement serré le frein à main, a été libéré sous caution après avoir été interrogé par les magistrats, qui lui ont interdit de quitter Taïwan dans l'attente d'une enquête plus approfondie.

Les sauveteurs ont décrit une scène effroyable lorsqu'ils se sont arrivés dans l'étroit tunnel et ont trouvé l'avant du train devenu un amas de tôle. « La voiture n°8 a subi les dommages les importants et c'est là qu'il y a eu le plus de morts », a déclaré samedi aux journalistes Chang Zi-chen, un secouriste. « En gros, plus de la moitié du wagon était éventré et les corps étaient tous empilés les uns sur les autres », a-t-il ajouté.

Les équipes spécialisées ont passé des heures à extraire les corps des morts et des survivants et l'attention s'est portée samedi sur l'enlèvement des wagons qui bloquent désormais la moitié de l'unique ligne ferroviaire de la côte ouest de Taïwan, une région touristique montagneuse très prisée.

Drapeaux en berne

Le ministère de l'Intérieur a ordonné que les drapeaux soient mis en berne pendant trois jours, tandis que la présidente de la République Tsai Ing-wen a rendu visite aux blessés dans les hôpitaux de Hualien. « Les pouvoirs publics déploient tous les efforts possibles dans l'espoir de minimiser l'impact de la catastrophe afin que les personnes décédées puissent reposer en paix et les blessés se rétablir rapidement », a-t-elle déclaré aux journalistes. À cette période de l'année, les Taïwanais rentrent généralement dans leur village natal pour honorer les tombes de leurs proches et faire des offrandes.

(avec AFP)

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