Tête-à-tête

Faut-il légaliser l’euthanasie ? Nous ne mêlerons pas ici une voix naïve aux descriptions des soignants et aux paroles douloureuses des familles. Il serait dérisoire de vouloir régler de quelques mots un débat dont la première nécessité est d’interdire toute posture philosophique ou idéologique. Mais avant de donner un cadre légal à la «fin de vie», les bien portants qui tiendront la plume législative doivent mesurer qu’aucune loi ne pourra répondre à la singularité de chaque malade, de chaque souffrance. Car à la question universelle de la légalisation de l’euthanasie résonne une kyrielle de réponses. Celle du malade refusant l’acharnement thérapeutique comme celle du mourant réclamant le traitement inutile qui entretiendra l’espoir jusqu’à son dernier souffle. Dans ce tête-à-tête entre le patient et la mort, ce sont les médecins, les infirmiers qui tiennent une place essentielle. Ce sont eux, souvent mieux que les proches, qui entendent les douleurs et les souhaits des patients, qui mesurent la réponse, médicale ou psychologique, qu’il convient d’apporter. «Il faut savoir comprendre, être attentif à la souffrance de celui qui est en train de mourir, laisser s’exprimer les émotions de larmes ou de colère : tel est notre combat de tous les jours», résume une jeune infirmière de l’Institut Curie. C’est de ces hommes et ces femmes, disponibles et dévoués dont les malades ont le plus besoin pour finir leur vie. Pour être accompagnés vers la mort.



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«Une loi laissera sur le bas-côté l’immense majorité des cas désespérés»
«Un droit à la mort, pas une assistance à l’agonie»
«Il n’est jamais suffisant de chercher à réduire la douleur»
Euthanasie : questions de vie et de mort
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