[Témoignages] Violences faites aux femmes : «J'ai laissé passer les premiers coups en me disant que c'était de ma faute»

© Collages Féminicides Paris

Des violences verbales qui deviennent des violences physiques : c'est la spirale décrite par Clémence qui a mis du temps à porter plainte contre son agresseur par peur des conséquences. Des manifestations sont prévues dans plusieurs grandes villes de France, ce 25 novembre, journée de lutte contre les violences faites aux femmes, pour dénoncer ce fléau et demander une meilleure protection des victimes.

Clémence a 34 ans, elle est mère de quatre enfants. Pendant un an, elle a été battue par son conjoint. Ce dernier n'a pas accepté que Clémence veuille se séparer de lui. La jeune femme qui travaille en Ardèche explique la spirale de la violence. Tout commence par une agressivité verbale : « Il me parlait comme jamais, il ne m’avait parlé, et j’avais l’impression, en fait, de voir en face de moi un inconnu, alors qu'on avait partagé 14 ans de vie commune ». Une violence que la jeune femme commence par nier : « J’ai laissé passer les premiers coups en me disant que c’était presque de ma faute parce que je le rendais fou et qu’il était malheureux, et que du coup ça dérapait, mais que ce n’était pas très grave ».

Les enfants de Clémence ont malheureusement assisté à ces scènes. Et c'est ce qui, pour elle, a été l'élément déclencheur. « C’est la première fois que j’ai porté plainte, parce qu’il m’a frappé devant les enfants, en me laissant vraiment au sol, en sang, devant eux. Suite à l’altercation devant les enfants, j'ai compris et je me suis dit que s’il n’arrêtait pas de taper, il allait me tuer devant eux ».

Depuis le début de l'année, la France a enregistré 100 féminicides d'après un collectif associatif, contre 122 en 2021 selon les chiffres officiels.


Lire la suite sur RFI