Témoignage : une guide touristique privée de travail depuis un an forcée de prendre sa retraite

Aude Deboaisne est guide touristique, spécialiste du public chinois et des musées parisiens. Le Louvres et les Tuileries étaient comme son bureau. Le Covid-19 lui a tout fait perdre. Depuis mars 2020, elle a travaillé 16 heures en tout. "On perd un peu confiance, le fait, au bout d’un an, de ne pas avoir été en confrontation avec toutes ces œuvres, il y a beaucoup de contenus dans tout ce qu’on dit, et en plus en langue étrangère, il y a une perte de pratique", estime-t-elle. Auparavant, Aude marchait 10 kilomètres par jour, mais ces temps-ci, c’est plutôt 10 kilomètres par mois. Fin de ses indemnités Pôle emploi Son salaire a fondu de la même façon : parmi ses employeurs, peu ont fait la démarche de la mettre en activité partielle. Ses contrats avec les agences touristiques se comptent en heures. "Les agences, ça leur casse les pieds toute cette paperasse, pour quatre heures par ci, et une multitude de conférenciers", explique-t-elle. Aude vit de ses indemnités Pôle emploi, de ses économies, et du salaire de son mari. Mais fin mai, ses indemnités s’arrêteront. A 60 ans, elle ne percevra donc plus rien. "Je ne pense pas que les chinois reviennent avant 2022, donc je vais prendre ma retraite plus tôt que prévu", se résout la conférencière, à contrecoeur.