Témoignage. Au Liban, toute une génération se lamente de voir Beyrouth s’éteindre

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Les quadragénaires libanais ont connu la renaissance de leur pays après la guerre civile. Voilà qu’ils vivent, des années plus tard, une période similaire, avec ses privations qui ramènent inlassablement en arrière. Daraj publie le témoignage amer de l’un d’eux.

Nous sommes la génération née au milieu des années de guerre civile (1975-1990). Nous avons toujours subi des sarcasmes, résumés par cette phrase qu’on nous lançait à la tête : “Vous, mais qu’avez-vous donc vécu ?” C’était une manière pour nos familles de nous rappeler ce qu’eux, nos aînés, avaient subi comme souffrances pendant la guerre civile. Ils avaient assisté à l’effondrement de l’État, de la monnaie nationale, des infrastructures.

Nous, nous sommes nés après. Nous avons construit notre vie dans ce pays en rêvant à un avenir radieux. Et nous voilà, au seuil de la quarantaine, qui entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase d’effondrement. Certains d’entre nous sont mariés et ont peur pour leur petite famille, d’autres craignent de tout perdre après avoir consacré leur vie à investir dans tel ou tel projet.

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Nous sommes la génération qui n’a pas assisté à la destruction de Beyrouth. Nous étions des enfants que nos parents emmenaient dans une cave ou mettaient à l’abri dans un village reculé pour nous protéger de l’enfer des bombardements. Mais après la guerre, nous avons vu Beyrouth se débarrasser des apparences de la guerre et des destructions. Nous sommes la génération qui est arrivée en ville éblouie par cette Beyrouth qui tient tête à la mort.

Mais aujourd’hui, nous sommes la génération qui voit Beyrouth s’éteindre, se vider, déprimer. Aujourd’hui, c’est comme si c’était à nouveau la guerre. Dans la ville et même dans tout le pays.

Si Beyrouth avait rapidement retrouvé la vie après la guerre, c’est tout aussi rapidement qu’elle se meurt aujourd’hui. Et nous avons du mal à saisir ce qui se passe.”

Comment on

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