Le téléphone de Liz Truss piraté ? L'opposition réclame une enquête

Liz Truss au téléphone à Londres le 1er avril 2019 (illustration) - Tolga AKMEN / AFP
Liz Truss au téléphone à Londres le 1er avril 2019 (illustration) - Tolga AKMEN / AFP

Un journal britannique affirme que le téléphone portable de l'ex-Première ministre a été piraté lorsqu'elle était encore ministre des Affaires étrangères, alors qu'il contenait des discussions sensibles sur l'Ukraine.

Les temps sont durs pour Liz Truss. Après avoir démissionné le 20 octobre après seulement 44 jours au poste de Première ministre, un média britannique affirme que son téléphone portable a été piraté lorsqu'elle était ministre des Affaires étrangères.

The Mail on Sunday a cité, dans un article publié samedi, des sources de sécurité anonymes affirmant que le smartphone personnel de l'ex-Première ministre Liz Truss avait été piraté "par des agents soupçonnés de travailler pour le Kremlin". Selon l'hebdomadaire, ils ont eu accès à "des échanges top-secrets avec des partenaires internationaux".

Des discussions sensibles sur l'Ukraine

"Nous ne commentons pas les dispositifs de sécurité des individus", a répondu un porte-parole du gouvernement avant d'ajouter qu'il existe "des systèmes robustes en place pour se protéger contre les cybermenaces".

Des députées de l'opposition britannique ont demandé samedi une enquête sur cette affaire. "Il est essentiel que tous ces problèmes de sécurité fassent l'objet d'enquêtes et soient traités au plus haut niveau", a ainsi observé la députée de l'opposition travailliste Yvette Cooper.

"Nous avons besoin d'une enquête d'urgence indépendante pour découvrir la vérité", a estimé la députée libérale-démocrate Layla Moran.

Une source a déclaré au journal que le téléphone "compromis" avait été placé au sein d'un coffre-fort verrouillé dans un lieu sécurisé du gouvernement après le piratage de messages pendant un an, y compris de "discussions très sensibles" sur la guerre en Ukraine.

Le piratage a été découvert cet été alors que Liz Truss était ministre des Affaires étrangères et faisait campagne pour devenir cheffe du parti conservateur et Première ministre, a précisé le journal. Il a affirmé que "des détails avaient été supprimés" par le Premier ministre de l'époque, Boris Johnson, et Simon Case, son conseiller politique le plus haut placé.

La Russie responsable ?

"Il faut un certain temps pour savoir qui est derrière ce genre d'attaques, mais la Russie a tendance à être en tête de liste", commente un source interrogée par le journal.

L'armée russe a déclaré samedi avoir repoussé une attaque de drones massive sur sa flotte dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée, qu'elle a imputée à l'Ukraine et au Royaume-Uni et qui a endommagé un navire. La Russie a aussi accusé Londres d'avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique en septembre.

Le ministère de la Défense britannique a réagi en dénonçant de "fausses informations" destinées à "détourner l'attention", tandis qu'un responsable ukrainien a suggéré qu'une "manipulation négligente d'explosifs" par les forces russes était à l'origine de l'incident.

Le signalement de cet incident survient alors que la ministre de l'Intérieur Suella Braverman a été reconduite dans ses fonctions par le Premier ministre Rishi Sunak à la suite de sa démission en raison d'une faille de sécurité. Elle a déclaré avoir envoyé un document confidentiel à un membre du Parlement via son courriel électronique personnel.

Article original publié sur BFMTV.com

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