"Un système des retraites à la schlague": Jordan Bardella tance la réforme du gouvernement

Jordan Bardella sur BFMTV-RMC le 9 janvier 2023  - BFMTV
Jordan Bardella sur BFMTV-RMC le 9 janvier 2023 - BFMTV

"Schlague". Ce terme allemand désignant une manière brutale de se faire obéir, selon Le Larousse, a été utilisé par Jordan Bardella ce lundi sur BFMTV-RMC. Dans le viseur du président du Rassemblement national: la réforme des retraites que la Première ministre Élisabeth Borne dévoilera ce mardi. De sources concordantes, l'hypothèse d'un report de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans est "privilégié" par le gouvernement.

Pour le président du Rassemblement national, ce projet de loi aboutirait à "un système des retraites à la schlague" qui "serait d'une brutalité inouïe pour des millions de gens".

"Repousser l'âge de départ légal à la retraite va entraîner un effort supplémentaire qui va peser sur les plus modestes", pointe le député européen.

Sur la même ligne que la gauche

D'après lui, le texte de l'exécutif serait d'autant plus "injuste" que cette réforme "ne se justifie pas économiquement". Dire que le "système des retraites est en péril", est un "mensonge", selon Jordan Bardella.

Une position en droite ligne de celle de la gauche, qui souhaite, elle aussi, s'opposer au projet de loi. "Il n'y a aucune nécessité économique à cette réforme, strictement aucune", a ainsi martelé le coordinateur de la France insoumise (LFI) Manuel Bompard au micro de Sud Radio ce lundi matin.

"Le système des retraites a été excédentaire en 2021 [et] en 2022. Il sera peut-être en léger déficit pendant quelques années. Et ensuite, à horizon 2040, 2050, il revient en excédent", a justifié le nouveau coordinateur de La France insoumise.

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"Choix de société"

Une guerre des analyses. L'exécutif, s'appuyant lui aussi sur le rapport du Conseil d'orientation des retraites, met en avant les déficits à venir: entre 7,5 et 10 milliards en 2027 puis entre 12,5 et 20 milliards en 2032.

Au micro de BFMTV-RMC, Jordan Bardella interroge: "Est-ce qu'on accepte de consacrer 10 milliards d'euros pour sauver le système des retraites?". Et de répondre dans la foulée: "Moi je dis que la retraite, ce n'est pas de la comptabilité comme le dit le gouvernement, c'est un choix de société".

Jordan Bardella prend ensuite l'initiative de poser une question: "Les LR (Les Républicains), ils vont faire quoi?" Le groupe d'une soixantaine de députés présidé par Olivier Marleix est l'objet de toutes les convoitises gouvernementales. Sans lui, la majorité relative ne peut faire adopter son texte, à moins d'utiliser l'article 49, alinéa 3. L'exécutif a multiplié les gestes pour parvenir à un accord.

LR sous pression

Après voir un temps envisagé un report de l'âge légal à 65 ans, il devrait tabler sur un allongement à 63 d'ici la fin du quinquennat, puis à 64, comme le souhaitaient les sénateurs LR.

Le président des Républicains (LR) Éric Ciotti a fait un pas ce week-end. "La situation budgétaire, démographique et économique impose cette réforme" et "je souhaite donc pouvoir voter une réforme juste qui sauve notre système de retraite par répartition", a déclaré le nouveau boss de LR dans les colonnes du JDD.

Jordan Bardella met la pression. Notant que "ce sont Les Républicains qui ont entre leurs mains l'issue de cette réforme des retraites", il interroge successivement:

"Est-ce que les LR vont se vendre une fois de plus à Emmanuel Macron ? [...] Sont-ils dans la majorité ou l’opposition ? Est-ce qu’ils vont être courageux ou est-ce qu’ils vont ad vitam aeternam, au risque de mourir, rester la béquille du gouvernement ?"

De l'autre côté, l'exécutif met lui aussi la pression, en rappelant la droite à ses engagements historiques sur le sujet. Ou comment résumer le dilemme auquel fait face LR sur ce texte.

Article original publié sur BFMTV.com