Un système de bonus-malus pourrait contrer l'absentéisme au travail

Aujourd'hui, de plus en plus de salarié·es sont malades et restent arrêté·es de plus en plus longtemps. | twinsfisch via Unsplash

Cette solution, qui a pourtant fait ses preuves en matière de lutte contre les accidents de travail, ne figure pas parmi les propositions retenues pour endiguer l'absentéisme.

Chaque année sortent en septembre les chiffres de l'absentéisme de l'année précédente. Chaque année, les médias les diffusent et s'alarment de l'augmentation du nombre de jours d'absence des salarié·es en raison d'arrêts maladie. Chaque année, le sujet est oublié deux semaines plus tard; tout reste comme avant. L'année 2019 ne fait pas exception à cette rengaine.

D'après les chiffres fournis par plusieurs assureurs, l'absentéisme a poursuivi sa croissance en 2018, ce qui a entraîné la publication d'un grand nombre d'articles dans les médias. En revanche, les réactions du gouvernement et des représentants patronaux se font rares. Il semble que la résignation règne en maître. «C'est la faute de la fatalité!» dirait Charles Bovary.

Montant annuel des indemnités journalières en 2016 et 2017. | Commission des comptes de la Sécurité sociale

On aurait pourtant tort de baisser les bras face à l'absentéisme. Tout d'abord parce qu'il coûte cher à tout le monde. D'après la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), les indemnités journalières versées s'élèvent à plus de 10,3 milliards d'euros par an. Les arrêts de travail pénalisent aussi les employeurs de façon directe (coûts salariaux, coûts de remplacement, etc.) et indirecte (désorganisation du service, coûts de gestion, dégradation de la qualité du travail, etc.). À titre individuel, un arrêt de travail peut représenter une baisse de revenus pour un·e salarié·e. Au-delà de cette dimension pécuniaire, on ne peut se satisfaire, du point de vue éthique, que de plus en plus de travailleurs et de travailleuses soient malades et de plus en plus longtemps.

Des propositions qui oublient les causes

L'été dernier, le gouvernement avait pour une fois marqué son (...) Lire la suite sur Slate.fr