«Le système autonomique espagnol est en jeu»

Libération.fr

Selon Matthieu Trouvé, maître de conférences à Sciences-Po Bordeaux, de régionalistes depuis le milieu du XIXe siècle, les Catalans sont devenus nationalistes au début des années 2000.

Maître de conférences à Sciences-Po Bordeaux, Matthieu Trouvé a notamment travaillé sur l’histoire politique de l’Espagne et la transition démocratique après la mort du dictateur Franco, en 1975.

Pourquoi les Espagnols semblent-ils plus attachés à leurs régions que les Français, par exemple ?

L’Espagne a toujours été une nation de nations. Chaque province a conservé son identité culturelle, le cas échéant sa langue, ses traditions juridiques. Notamment les fueros, ces droits et coutumes concédés par la monarchie médiévale quand celle-ci se reconstruisait, dans le contexte de la Reconquista. Cette identité s’est renforcée par les revendications régionalistes du XIXe siècle en Catalogne, au Pays basque et en Galice, à une époque ou l’Etat était très centralisé.

Comment la Constitution de 1978 a-t-elle pris en compte ces identités régionales ?

La dictature de Franco, qui prônait l’unité du pays, a éteint ces revendications régionales, qui ont ressurgi après sa mort, avec l’idée que la démocratie devait se bâtir sur une large autonomie accordée aux régions. La Constitution a trouvé une formule originale : elle parle de «nationalités» et reconnaît le droit à l’autonomie à toutes les régions mais n’en fixe pas la liste. Chaque région devait négocier avec l’Etat central un pacte définissant son degré d’autonomie. A l’arrivée, chacune des 17 communautés a le même niveau de compétences et d’autonomie avec un parlement élu, un président désigné par ce parlement et un gouvernement. Ce système espagnol qu’on appelle «l’Etat des autonomies» est donc un Etat unitaire ultra-fédéral.

A quand remontent les frictions entre Barcelone et Madrid ?

Elles existaient déjà au milieu du XIXe siècle, mais les Catalans étaient alors davantage régionalistes que nationalistes. Ils redécouvrent leur histoire et (...)

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