Syrie : veto de la Russie à l'ONU à une extension de l'autorisation d'aide transfrontalière

© AFP/Rami al SAYED

Le Conseil de sécurité est bloqué par la Russie pour renouveler le passage de l’aide humanitaire au nord-ouest de la Syrie pour un an. Moscou a mis son veto vendredi 8 juillet, alors que plus de 4 millions de personnes dépendent de ces distributions par les ONG contrôlées par l’ONU.

Treize des quinze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur du projet de résolution de la Norvège et de l'Irlande proposant un renouvellement du passage de l’aide humanitaire vers Idlib, sans l’aval de Damas. Et même la Chine, qui avait souvent accompagné les vétos russes en duo, s’est abstenue - un signe de désapprobation certain vis-à-vis de Moscou, un signe d’isolement aussi.

Sans surprise, comme elle le répète depuis 2014, la Russie a mis en avant le manque de considération de la souveraineté de Damas pour justifier son 17e veto dans le dossier syrien, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten. Moscou ne cache pas que son but est que l’aide humanitaire ne passe, à terme, que par Damas.

Les 13 autres pays ont, eux -comme les ONG et l’ONU réclamaient un sursis d’un an, nécessaire d’un point de vue logistique - rejeté la proposition russe de renouveler l’aide pour six mois seulement.

L'autorisation transfrontalière est en vigueur depuis 2014 et vient en aide via le point de passage de Bab al-Hawa à la frontière syro-turque à plus de 2,4 millions de personnes dans la région d'Idlib (nord-ouest) sous contrôle de groupes jihadistes et des rebelles.

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Trouver un compromis d’ici dimanche soir

Les diplomates ont 48 heures pour trouver un nouveau compromis, le contrôle par l’ONU de ce point transfrontalier expirant dimanche 10 juillet. Certains pays commençaient à suggérer une durée de neuf mois pour obtenir l’aval de Moscou. Depuis mercredi, les 15 membres du Conseil de sécurité étaient en négociations continues pour tenter de sortir de l'impasse entre les deux durées contradictoires proposées par les Occidentaux et la Russie. En vain.

Le texte proposé par la Norvège et l'Irlande, gestionnaires du dossier au Conseil de sécurité, incluait une prolongation de six mois jusqu'au 10 janvier 2023, « avec une extension de six mois supplémentaires, jusqu'au 10 juillet 2023, sauf si le Conseil en décide autrement ».

L'extension aurait aussi été conditionnée à un « rapport substantiel » du secrétaire général, notamment sur la transparence des cargaisons d'aide, sur les progrès pour acheminer une assistance à partir de Damas à travers les lignes de front, et sur les progrès réalisés pour « des projets de réhabilitation rapide en lien avec les besoins humanitaires ».

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