Syrie : quelle est la responsabilité de l'Occident ?

Dans la mémoire collective, la guerre civile en Syrie convoque Daech et les massacres perpétrés par le régime, mais ceux qui se sont soulevés il y a dix ans pour réclamer le droit de s'exprimer ont, eux, souvent été oubliés. "C'est le côté le plus terrible et triste de ce drame syrien. Il faut toujours rappeler qu'au tout début, ce conflit, ce sont d'abord des hommes et des femmes de tous âges qui ont décidé de faire sauter la chape de plomb qui pesait sur eux depuis des décennies et qui ont eu le courage incroyable d'aller réclamer de la liberté", confirme Antoine Mariotti, auteur de La Honte de l'Occident, les coulisses du fiasco syrien (éd. Tallandier). "On s'est engagés, mais jamais complètement" Pour le journaliste, le summum de la honte de l'Occident, c'est de voir Bachar Al-Assad se diriger vers une probable réélection, après une décennie de répression sanglante. "Avant tout, ce conflit, c'est la honte de Bachar Al-Assad et de ses alliés. Malheureusement, c'est devenu aussi la honte de l'Occident au fur et à mesure. L'un des diplomates que j'ai interrogés m'a confié que l'on n'était pas allé jusqu'au bout, que l'on n'avait pas empêché ce peuple de se faire massacrer, on s'est engagés, mais jamais complètement. On a donné des armes à l'opposition pour qu'elle se batte, mais jamais assez pour qu'elle renverse le régime", souligne-t-il.