Syrie: le régime regagne du terrain dans le centre

Des soldats des forces syriennes à Deyr Hafir, à l'est d'Alep, le 30 mars 2017

Beyrouth (AFP) - L'armée syrienne et ses soutiens ont repris l'essentiel du terrain perdu lors d'une offensive menée récemment par des rebelles alliés à des jihadistes dans la province centrale de Hama, a rapporté vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Le régime a reconquis 75% des territoires qu'il avait perdus dans la province de Hama", a indiqué Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

Des groupes rebelles menés par Tahrir al-Cham --alliance dominée par les jihadistes de Fateh al-Cham, ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda-- avaient lancé une offensive surprise le 21 mars dans cette province.

Ils avaient réussi à prendre plusieurs secteurs et progressé vers la capitale provinciale Hama.

Mais après avoir reculé, le régime a dépêché d'importants renforts qui, couplés à de multiples frappes aériennes de son allié russe, lui ont permis de renverser la situation, selon l'OSDH.

Contrôler la province de Hama revêt une importance stratégique pour le gouvernement car cela lui permet d'isoler la province voisine d'Idleb, en majorité contrôlée par les rebelles, de celle de Damas, plus au sud, et de celle de Lattaquié, plus à l'ouest, deux fiefs du régime.

Les combats des dernières semaines ont fait de nombreux morts, a précisé l'OSDH, qui n'était pas en mesure d'établir un bilan chiffré.

L'opposition a accusé le régime d'utiliser des "substances toxiques" dans les combats. La Coalition nationale de l'opposition a ainsi cité des docteurs ayant fait état de "symptômes incluant la présence de mousse dans la bouche, de picotements dans les yeux et d'insuffisances respiratoires".

Une cinquantaine de personnes ont souffert de troubles respiratoires à la suite de raids aériens sur la province, a indiqué l'OSDH.

Médecins sans frontières (MSF) a affirmé vendredi dans un communiqué qu'une bombe larguée d'un hélicoptère avait explosé à l'entrée d'un hôpital de Latamné, dans le nord de la province de Hama, le 25 mars, tuant deux personnes, dont un chirurgien.

Selon MSF, citant du personnel soignant, des "armes chimiques" ont été utilisées car des problèmes respiratoires cohérents avec ce type d'attaque ont été immédiatement constatés chez des patients et des soignants.

Cet établissement soutenu par l'ONG est situé dans un secteur tenu par les rebelles, non loin de la ligne de front.

Le gouvernement syrien dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis mars 2011.

Il a ratifié la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013.

Mais l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué début mars enquêter sur huit attaques présumées au gaz toxique commises en Syrie depuis le début de l'année.

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