Syrie: Poutine veut écraser les "groupes terroristes" à Idlib

SOTCHI, Russie (Reuters) - La présence de "groupes terroristes" dans la province syrienne d'Idlib n'est pas tolérable, a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine à ses homologues turc et iranien, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani, à l'ouverture d'un sommet organisé à Sotchi, en Russie.

"Nous ne devons pas tolérer la présence de groupes terroristes à Idlib", a dit Vladimir Poutine. "C'est pourquoi je propose que nous examinions les mesures concrètes que la Russie, la Turquie et l'Iran peuvent prendre pour détruire complètement ce nid de terroristes."

Le président iranien s'est aussi prononcé pour une intervention contre les djihadistes de l'ex-Front al Nosra, qui dominent les forces rebelles dans la région. Accepter leur présence parce qu'ils ont changé de nom serait une erreur, a-t-il dit.

Moscou et Ankara ont conclu en septembre dernier un accord de démilitarisation qui a permis d'éviter une offensive de l'armée syrienne dans la province, la dernière aux mains des insurgés.

Cet accord prévoyait le départ des mouvements islamistes et la création d'une zone tampon sur la ligne de front mais les djihadistes d'Hayat Tahrir al Cham, coalition dominée par l'ex-Front al Nosra, se sont imposés aux dépens de rebelles soutenus par la Turquie.

Les ministres russe et turc de la Défense, Sergueï Choïgou et Hulusi Akar, sont convenus lundi de prendre des mesures "décisives" pour stabiliser la situation dans la région.

La Russie, la Turquie et l'Iran ont des forces en Syrie, qui ont en partie coordonné leurs efforts malgré des priorités parfois divergentes, notamment sur le rôle des combattants kurdes.

Ankara, qui considère les miliciens kurdes comme des terroristes, veut établir une zone tampon dans le nord-est de la Syrie, près de la frontière turque, ce que la Russie voit comme une violation de l'intégrité territoriale de la Syrie.

"La question de la présence d'une force militaire agissant sous l'autorité d'un pays tiers sur le territoire d'un pays souverain, en l'occurrence la Syrie, ne peut être que directement décidée par Damas", a souligné la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

(Vladimir Soldatkin et Andrew Osborn, avec Daren Butler et Dominic Evans en Turquie, Tom Balmforth et Gabrielle Tetrault-Farber à Moscou; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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