Syrie: opération anti-EI dans le camp d'Al-Hol, des dizaines d'arrestations

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L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte que les forces kurdes en Syrie ont lancé ce dimanche une opération de sécurité dans le camp de déplacés d'Al-Hol, secoué récemment par des meurtres en série. Des dizaines de personnes soupçonnées d'appartenance au groupe État islamique (EI) ont été interpellées.

L'intervention a été déclenchée à l'aube. Appuyées par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) et la police locale, les Forces démocratiques syriennes ont lancé des opérations de ratissage contre l'organisation État islamique dans le camp de déplacés d'Al-Hol et le village attenant.

« Plus d'une trentaine de femmes et d'hommes ont été interpellés », a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahmane, en précisant que « les arrestations se poursuivent ». Les personnes arrêtées sont soupçonnées de soutien au groupe terroriste.

« Entraver les activités de Daech »

Deux responsables médias des Forces démocratiques syriennes, dominées par des combattants kurdes, ont confirmé l'opération. L'un a assuré qu'elle devait durer une dizaine de jours au moins, l'autre qu'elle se déroulait en coopération avec la coalition internationale anti-EI.

L'objectif est « d'entraver les activités de Daech dans le camp pour assurer la sécurité de ses résidents », a indiqué à l'AFP le porte-parole de la coalition internationale, le colonel Wayne Marotto. Il a évoqué un soutien en matière de « renseignements, surveillance et reconnaissance », pour cette opération destinée aussi à renforcer la sécurité afin de permettre aux ONG de fournir « les aides essentielles » au camp.

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Situé dans le nord-est de la Syrie, le camp d'Al-Hol est devenu une véritable cité de tentes accueillant près de 62 000 personnes, dont 93% de femmes et d'enfants selon l'ONU, qui a maintes fois mis en garde contre une détérioration de la situation sécuritaire.

Au moins 40 morts depuis janvier

Au moins 40 personnes y ont été tuées depuis le début de l'année, selon l'OSDH. Al-Hol accueille des familles syriennes, irakiennes, mais aussi des étrangères d'Europe ou d'Asie avec leurs enfants. Le camp a été secoué par plusieurs incidents impliquant parfois des partisans de l'EI, dont des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG. Médecins sans frontières (MSF) avait d'ailleurs annoncé début mars la suspension temporaire de ses activités à Al-Hol, après la mort d'un de ses employés qui vivait dans le camp avec sa famille.

Les responsables kurdes pointent du doigt des cellules de l'EI pour les meurtres, mais une source humanitaire avait aussi évoqué des tensions tribales.

Fer de lance de la lutte anti-EI en Syrie, les FDS soutenues par Washington avaient annoncé le 23 mars 2019 la chute du « califat » de l'organisation État islamique, avec la conquête de l'ultime bastion jihadiste de Baghouz au terme de batailles meurtrières et dévastatrices.

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Mais deux ans plus tard le groupe jihadiste lance encore des attaques meurtrières dans le vaste désert syrien, visant les forces kurdes comme l'armée du régime de Bachar el-Assad.