Syrie : les zones de sécurité entrent en vigueur, méfiance des réfugiés

L’accord signé jeudi entre la Russie, l’Iran et la Turquie créant des zones sécurisées en Syrie entre en vigueur ce samedi à minuit. Les contours de ces régions restent à définir d’ici le 4 juin. Leur validité initiale est de six mois avec une possibilité de prolongation. En théorie, l’accès humanitaire dans ces zones devra être assuré ainsi que l’aide médicale. L’objectif est aussi de faire revenir chez eux ceux qui se sont exilés dans les pays alentour. Mais les réfugiés n’ont souvent pas confiance, comme dans ce camp en Jordanie. “Comment pourrais-je avoir confiance dans ces zones de sécurité ? s’interroge Abou Badweh, un réfugié. S’ils ne peuvent pas acheminer la moindre aide, le moindre médicament dans ces zones assiégées en Syrie, comment puis-je avoir assez confiance pour revenir dans mon pays et vivre comme dans une grande prison ?” Par ailleurs, l‘équipe d’experts internationaux chargée d’enquêter sur l’attaque chimique du 4 avril à Khan Sheikhoun continue son travail. L’agence de l’ONU qui surveille le recours aux armes chimiques reste prudente. “Je ne peux pas dire qu’il y a eu une violation, qu’il y avait un programme secret qui s’est poursuivi après que la Syrie a signé la convention, estime Ahmet Uzumcu, le secrétaire général de cette agence, l’OPCW. Mais il y a certainement des doutes, des incohérences, des divergences comme nous l’avons signalé dans notre rapport remis au Conseil exécutif.” L’attaque du 4 avril, probablement au gaz sarin, a tué au moins 86 personnes. Le régime de Bachar al-Assad continue de nier toute responsabilité dans ce massacre.