Syrie: les FDS gagnent du terrain contre l'EI; Erdogan contrarié

Des combattants des forces démocratiques syriennes (FDS). Les FDS soutenues par les Etats-Unis ont annoncé vendredi avoir pris plusieurs quartiers de la ville de Tabka à l'Etat islamique dans le cadre de la campagne visant à chasser l'organisation sunnite fondamentaliste de sa "capitale", Rakka, située non loin de là. /Photo prise le 8 avril 2017/REUTERS/Rodi Said

BEYROUTH (Reuters) - Les forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis ont annoncé vendredi avoir pris plusieurs quartiers de la ville de Tabka à l'Etat islamique dans le cadre de la campagne visant à chasser l'organisation sunnite fondamentaliste de sa "capitale", Rakka, située non loin de là.

Les FDS rassemblent plusieurs groupes de combattants kurdes et arabes syriens et notamment la puissante milice kurde YPG (Unités de protection du peuple). Celle-ci est considérée par le Pentagone comme un partenaire fiable en Syrie mais pas par Ankara qui la voit comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en lutte depuis 1984 pour l'autonomie des Kurdes de Turquie.

Vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il souhaitait que Rakka soit plutôt reprise avec l'aide de rebelles qu'il soutient, à savoir ceux de l'Armée syrienne libre (ASL).

Les FDS ont commencé leur campagne pour la reprise de Rakka en novembre dernier mais son rythme a ralenti ces dernières semaines.

En descendant du nord, les FDS essaient pour l'heure de reprendre le secteur de Tabka et son barrage, le plus grand de la Syrie, qui se trouve à une quarantaine de kilomètre en amont de Rakka.

Les FDS ont réussi fin mars à couper la Tabka du vaste territoire occupé par l'Etat islamique et qui va jusqu'en Irak et sont désormais déployées tout autour de la ville.

"JE LE DIRAI À TRUMP"

Vendredi, les FDS ont annoncé avoir poursuivi leur percée dans la ville et pris les quartiers sud de Nababila et Zahra. Jeudi, elles avaient pris celui de Wahab.

Dans ce contexte, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré vendredi qu'il essaierait de convaincre Donald Trump d'avoir recours à des forces soutenues par la Turquie pour reprendre Rakka, plutôt qu'aux FDS, quand il rencontrera son homologue américain mi-mai.

Selon Erdogan, le soutien de Washington aux combattants YPG fait du tort à "l'esprit de solidarité" avec la Turquie.

"Pourquoi est-ce que nous demandons de l'aide aux organisations terroristes ? Nous somme là", a déclaré le président Erdogan lors d'une conférence à Istanbul. "La Turquie, les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis et l'Armée syrienne libre tous ensemble peuvent les balayer (les combattants de l'EI). Ce n'est pas difficile pour nous."

"Je pense que nous pouvons y parvenir et je le dirai à Trump", a ajouté le chef de l'Etat turc.

Le gouvernement turc craint la création d'un territoire contrôlé par les Kurdes syriens à sa frontière sud qui, estime Ankara, pourrait être utilisé en soutien à l'insurrection du PKK en Turquie et aider à la création d'un Etat kurde qui comprendrait aussi une partie du territoire turc.

L'armée turque mène des frappes aériennes contre les YPG depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne.

"Nous n'autoriserons pas la création d'une corridor terroriste à notre frontière sud", a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

(Lisa Barrington avec Humeyra Pamuk et Orhan Coskun à Istanbul; Danielle Rouquié pour le service français)

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