Syrie: les forces kurdes tentent de réduire l'influence du groupe EI dans le camp d'al-Hol

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Les Forces démocratiques syriennes, dominées par les milices kurdes, ont lancé une vaste opération de ratissage dans le camp d’al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, abritant des milliers d’anciens combattants du groupe Etat islamique et leurs familles. Le but est de rétablir l’ordre et la sécurité dans ce camp où 40 meurtres ont été commis depuis le début de cette année.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Le camp d’al-Hol est un reliquat du califat autoproclamé du groupe État islamique qui a contrôlé entre 2014 et 2019 un territoire s’étendant sur le tiers de l’Irak et la moitié de la Syrie.

Ces tentes, installées à 13 kilomètres de la frontière syro-irakienne, abritent plus de 60 000 personnes, des combattants et des familles du groupe État islamique, en majorité des femmes et des enfants.

Les plus gros contingents sont les Irakiens et les Syriens. Mais il y a aussi 10 000 étrangers de 53 nationalités, dont des Européens.

La densité, la promiscuité, la misère et l’absence d’un encadrement efficace de la part des administrateurs du camp permet au groupe État islamique de transmettre son idéologie aux plus jeunes, préparés à devenir de futurs soldats du califat déchu, selon un rapport de l’ONU publié en février/

Les autorités syriennes affirment qu’une partie des effectifs de Daech dans le désert central de la Badia sont d’anciens détenus d’al-Hol qui, une fois libérés, sont allés rejoindre les cellules de l’organisation plutôt que de retourner dans leurs villages.

Depuis mars 2019, plus de 5 000 résidents du camp ont été remis en liberté.

L’opération de ratissage est mené par 5 000 combattants des Forces démocratiques syriennes, avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Elle a déjà permis d’arrêter une trentaine de suspects.