La synthèse du grand débat sera biaisée, mais il y en aura des dizaines d'autres

Gregory Rozieres
Le grand débat national voulu par Emmanuel Macron a donné de l'imagination a de nombreux scientifiques, qui tentent de réaliser des synthèses différentes et complémentaires. Ici, une visualisation des contributions sur le site Cartolabe.

POLITIQUE - Ce vendredi 15 mars s'achève officiellement la première étape du grand débat national. Lancé par le gouvernement en réponse à la crise des gilets jaunes, cet exercice démocratique d'une ampleur inédite n'est pas fini pour autant. Des conférences régionales regroupant des citoyens tirés au sort doivent avoir lieu d'ici à la fin mars.

Surtout, le gouvernement a jusqu'au début du mois d'avril pour réussir un exercice hautement périlleux: une synthèse rassemblant les dizaines de milliers de contributions envoyées par les Français via les différents canaux ouverts. Un travail de fourmi qui, même s'il était exécuté à la perfection par les sociétés mandatées par Emmanuel Macron, pourra être considéré comme biaisé, faussé, ou incomplet.

D'abord, parce que toute synthèse, restitution, ne peut être parfaite. Mais aussi car les différents choix du gouvernement, depuis le début du grand débat, posent des problèmes d'objectivité méthodologique. Mais ce n'est peut-être pas le plus important. Car cet exercice a, quoi qu'il arrive, permis de créer une véritable effervescence démocratique. Dans le cadre du grand débat, mais aussi en dehors de celui-ci.

Et la bonne nouvelle, c'est que, quelle que soit la qualité de cette synthèse gouvernementale, des dizaines d'autres sont en train d'émerger. Elles proviennent de scientifiques de tous bords (linguistes, mathématiciens, sociologues, lexicologues, politologues...) et d'initiatives citoyennes.

Le HuffPost a tenté de faire le tour des projets achevés, en cours ou futurs. Ils illustrent tout à la fois les limites de la synthèse voulue par le gouvernement et la richesse prolifique de cette crise politique et du débat citoyen, officiel et officieux, qui l'accompagne.

Un observatoire des débats

L'un des principaux problèmes du grand débat, qu'il soit en ligne, dans les cahiers de doléances ou les réunions publiques, c'est qu'il est impossible de savoir qui y a participé. Tout juste, sur le site, doit-on rentrer son code...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post