Syndrome de Cotard : le délire du « mort-vivant »

Emma Hollen, Journaliste scientifique
·2 min de lecture

Le syndrome de Cotard est une bête étrange parmi les créatures qui peuplent le monde de la psychiatrie. Caractérisé par une négation de l'existence de son propre corps, il oblige le sujet à mener son existence avec le sentiment de n'être rien de plus qu'un mort vivant, une coquille vide, un cadavre errant à la surface de la Planète. Typiquement présent dans le cas d'une dépression associée à une rupture psychotique, ce délire constitue une grande source de souffrance pour les personnes qui en sont atteintes.

Spleen et morts-vivants

Le syndrome de Cotard doit son nom au neurologue français, Jules Cotard (1840-1889), qui décrivit le trouble pour la première fois neuf ans avant sa propre mort. Il le désigna comme un trouble dépressif accompagné de mélancolie, d'anxiété, d'idées de damnation ou de rejet, d'insensibilité à la douleur, de négation de l'existence de son corps et, une fois sur deux, de délire d'immortalité. Le trouble fut catégorisé comme lypémanie, un terme introduit en 1819 par un autre Français, Jean-Étienne Esquirol, pour qualifier un état dépressif caractérisé par une profonde mélancolie et pouvant évoluer en obsession morbide ou en folie dépressive.

Le syndrome de Cotard touche majoritairement les sujets jeunes, et particulièrement les femmes. © Google Art Project
Le syndrome de Cotard touche majoritairement les sujets jeunes, et particulièrement les femmes. © Google Art Project

Aujourd'hui, le syndrome de Cotard est divisé en trois types :

  • dépression psychotique caractérisée par de l'anxiété, de la mélancolie, de la culpabilité et des hallucinations auditives ;

  • type I, avec un délire hypocondriaque et nihiliste, ainsi que l'absence d'un épisode dépressif ;

  • type II, accompagné de dépression, d'anxiété, d'hallucinations auditives, de délire d'immortalité et de non-existence, ainsi que d'un comportement suicidaire.

À cause de ces idées délirantes et de ces altérations, il n'est pas rare que les patients se mettent physiquement en danger. Tandis que certains cesseront de se laver, d'autres perdront la perception de la douleur ou iront jusqu'à s'affamer, ne voyant pas...

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