Les syndicats dans la rue mardi pour les salaires et envoyer un "signal fort"

·3 min de lecture
Philippe Martinez (gauche) et Yves Veyrier, secrétaires généraux de la CGT et de Force ouvrière (FO), le 6 juillet 2021 dans la cour de l'Elysée, à Paris (AFP/Ludovic MARIN)

Les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU, ainsi que la Fidl, la MNL, l'Unef et l'UNL pour les jeunes, appellent à faire grève et à manifester mardi en France, notamment pour défendre les salaires et envoyer un "signal fort" à six mois de la présidentielle.

"On va arriver à 200 points de rassemblement, c'est une première indication qui est positive pour nous", s'est félicité Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, auprès de l'AFP.

Même si les "conditions sanitaires" continuent d'impacter l'action militante, "il y a un regain de réunions syndicales, d'assemblées générales", note-t-elle.

A Paris, où les tractations avec la préfecture ont été difficiles, le cortège partira de la place de la République à 14H00 en direction d'Opéra, avec une dispersion prévue à l'angle de la rue La Fayette et de la rue de la Chaussée d'Antin, selon l'Union régionale Ile-de-France CGT.

"Nous allons devoir faire avec. C'est une nouvelle fois des restrictions, des contraintes de temps, qui sont incompréhensibles et servent seulement à restreindre toujours davantage le droit à manifester pour les organisations syndicales", a protesté sa secrétaire générale Valérie Lesage, auprès de l'AFP.

L'intersyndicale avait appelé le 30 août à manifester pour la défense des salaires et des emplois, et contre les réformes des retraites et de l'assurance chômage.

L'inflation (+2,1% sur un an en septembre selon une estimation provisoire de l'Insee jeudi) et les bons résultats des entreprises du CAC 40 au premier semestre, supérieurs à ceux de 2019, ont remis sur le haut de la pile la question des salaires, souligne Mme Verzeletti.

- Recours contre la réforme de l'assurance chômage -

"La colère, et la conscience qu'il y a de l'argent, mais qu'il n'est pas redistribué en direction des salariés, sont de plus en plus importantes", fait-elle valoir.

Les rangs des manifestants seront grossis par les opposants à la réforme de l'assurance chômage, entrée en vigueur vendredi, et qui aboutit à réduire les indemnités des chômeurs "permittents", enchaînant contrats courts et périodes de chômage.

L'ensemble des syndicats devraient déposer des recours contre la réforme "en début de semaine", et notamment le premier d'entre eux, la CFDT, qui n'a cessé de dénoncer la réforme mais ne se joindra pas aux manifestants mardi.

Autre point de vigilance, la question des retraites, qui continue de planer sur la fin de mandat d'Emmanuel Macron et sera un sujet incontournable de la campagne présidentielle. L'ancien Premier ministre Édouard Philippe a ainsi plaidé pour repousser l'âge de départ "à 65, 66 ou 67 ans", dans un entretien à Challenges publié jeudi.

"Le 5 octobre on a intérêt à donner un signal fort parce que je crains la surenchère pendant la période électorale", a réagi vendredi Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière.

"Il faut vraiment que les salariés se mobilisent en ce moment, il faut qu'on ait du monde qui montre qu'on n'a pas l'intention de se laisser faire", a-t-il dit sur France 2.

Son homologue de la CGT Philippe Martinez a fait part samedi sur France Inter de son souhait, alors que les "échéances électorales" approchent, "que les questions sociales soient au cœur de cette campagne".

La question du pass sanitaire fera aussi partie des mots d'ordre, avec inscrit sur la banderole de tête "Non au pass sanitaire comme outil de répression", a précisé à l'AFP Gabriel Gaudy, secrétaire général de l'Union Régionale d'Ile-de-France FO.

Même si la CGT n'a pas appelé à défiler au côté des opposants au pass lors de leurs manifestations du samedi, elle est hostile à cet instrument et à la vaccination obligatoire, des "mesures liberticides qui mettent à mal les garanties et les droits des travailleurs", a accusé Mme Verzeletti.

sl/lum/bma

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles