Les syndicats peuvent-ils reprendre la main dans la bataille des retraites ?

© Adrien Fillon / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La réforme des retraites se présente comme le premier test social de grande envergure du second quinquennat d’Emmanuel Macron . Après plusieurs semaines d’attente, l’annonce officielle du contenu de la réforme, le 10 janvier, change finalement peu de choses : les lignes de fracture entre le gouvernement et les organisations syndicales sont plus importantes que jamais.

D’un côté, les différents ministres, Élisabeth Borne en tête, ont multiplié ces dernières semaines les interventions publiques pour justifier cette réforme comme un impératif budgétaire, tandis que les secondes ont répété à l’envie leur opposition à tout report de l’âge légal de départ à la retraite, finalement prévu à 64 ans à l'horizon 2030.

Dans ces conditions, les appels à la « mobilisation » des salariés se sont faits de plus en plus insistants, de premières journées d'action étant à prévoir dès la semaine du 16 janvier. Qu’attendre du conflit social qui s’annonce ?

Le recul de la grève

Au premier regard, les obstacles au déclenchement de grèves massives semblent importants. Les récentes mobilisations très médiatisées dans les raffineries ou à la SNCF ne doivent pas tromper : depuis les années 1970, la conflictualité gréviste s’est largement effondrée en France, notamment dans ses formes les plus dures et prolongées.

Si cette évolution est parfois attribuée à la frilosité des directions syndicales, elle s’explique aussi, et sans doute avant tout, par une diversité de facteurs socio-économiques : désindustr...


Lire la suite sur LeJDD