Suspension du vaccin AstraZeneca : les médecins redoutent une plus grande méfiance des Français

Après la suspension du vaccin AstraZeneca, lundi 15 mars, jusqu’à nouvel ordre, après des suspicions d’effets secondaires graves, les cabinets médicaux voient leur organisation complètement chamboulée. Natacha Schonnenberger, assistante médicale, doit appeler des dizaines de patients, et déprogrammer leur rendez-vous, sans les affoler, en les rassurant. Des doses de vaccin ont dû être jetées. Pour le docteur Charles-Henry Guez, médecin généraliste, c’est la crédibilité du corps médical qui est en jeu : “Nos patients qui avaient besoin de cette vaccination, ça va être difficile de leur dire hier c’est oui, aujourd’hui c’est peut-être, demain c’est non et jeudi on ne sait pas.” Le principe de précaution prime Même si le vaccin est à nouveau autorisé dans le futur, le professeur Gilles Pialoux, infectiologue à l’hôpital Tenon (Paris), redoute encore plus de défiance face aux vaccins contre le Covid-19. “C’est une mauvaise nouvelle, parce que je dirais que toute suspicion entraîne un doute chez les gens, même si on lève le lien qui pourrait y avoir de cause à effet entre le vaccin et les accidents qui ont pu être observés, notamment en Allemagne”, estime-t-il. Mais pour le principal syndicat de médecins généralistes, le principe de précaution doit s’appliquer en attendant l’avis de l’Agence européenne des médicaments.