Suspension de séance à l'Assemblée après des menaces antisémites visant Braun-Pivet, enquête ouverte

Par JP
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French LREM Member of Parliament Yael Braun-Pivet speaks during a debate about the state of health emergency bill at the National Assembly in Paris, France March 21, 2020, as a strict lockdown comes into effect to stop the spread of the COVID-19 caused by the novel coronavirus in the country. Ludovic Marin/Pool via REUTERS

La présidente LaREM de la commission des Lois du Palais-Bourbon a reçu le soutien de l'ensemble de ses collègues après avoir été visée par un courriel d'injures et menaces à caractère antisémite.

La députée LaREM Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, a reçu ce jeudi le soutien de l'ensemble de ses collègues après avoir été visée par un courriel d'injures et menaces à caractère antisémite, désormais objet d'une enquête du parquet de Paris.

"'Youpine', 'prépare-toi, bientôt les camps à nouveau'. Face à de telles immondices: dénoncer, porter plainte, ne jamais rien laisser passer", a écrit la députée des Yvelines sur Twitter.

Yaël Braun-Pivet
Yaël Braun-Pivet

"Ces propos sont à vomir"

Le mail, reçu ce jeudi, devait faire l'objet d'une plainte dans la journée, selon son cabinet. En début de soirée, le parquet de Paris a indiqué à l'AFP avoir ouvert une enquête préliminaire confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Devant l'Assemblée, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti avait lui-même annoncé le lancement de cette procédure. "Ces propos sont à vomir (...) ces injures sont adressées à la Nation toute entière", et "je le souhaite de tout coeur: justice sera faite", a-t-il ajouté devant Yaël Braun-Pivet.

Le président de séance David Habib avait tenu auparavant à dénoncer des "propos abominables", et proposé une suspension des travaux pour marquer la "désapprobation" des députés et en parler avec le ministre.

"Dans le pays, il y a des femmes et des hommes victimes des mêmes expressions de racisme, d'antisémitisme" et "il n'est plus question" de les accepter, avait ajouté le député socialiste.

"Le fascisme se banalise"

De l'extrême gauche à l'extrême droite, plusieurs députés ont ensuite pris la parole dans le même sens. "Le fascisme, il rampe (...) il se banalise", a pointé le patron des députés LaREM Christophe Castaner.

"Ma famille est venue en France pour fuir les nazis dans les années 30", a retracé Yaël Braun-Pivet, se disant "particulièrement émue" de voir "la représentation nationale unie" ce jour.

"Infâme et insupportable. Tout mon soutien chère Yaël Braun-Pivet", a aussi tweeté le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

En juillet 2018, Yaël Braun-Pivet, alors co-rapporteure LaREM de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla au Palais-Bourbon, avait déposé plainte pour des injures sexistes et des menaces à caractère antisémite, après des dizaines de messages, notamment sur Twitter. Trois personnes seulement avaient pu "être identifiées et avaient fait l'objet de contraventions de quatrième classe", indique l'entourage de l'élue des Yvelines.

Article original publié sur BFMTV.com

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