Suspecté d’avoir voté pour les Frères musulmans, un Égyptien écope de vingt ans de prison en Arabie saoudite

PHOTO FAISAL AL NASSER/ REUTERS.

Un médecin égyptien, ancien employé du ministère saoudien de la Santé, a été condamné ce lundi 22 août à vingt ans de prison en Arabie saoudite pour avoir prétendument voté en 2012 pour le président égyptien Mohamed Morsi, issu de la mouvance des Frères musulmans, et d’avoir soutenu la confrérie musulmane. Des allégations sans aucun fondement, selon sa famille et des organisations de défense des droits humains, rapporte le site Middle East Eye (MEE).

“Selon la Commission égyptienne des droits et libertés (ECRF), le tribunal pénal spécialisé de Riyad − qui traite des affaires liées au terrorisme − a prononcé la peine contre le médecin égyptien Sabri Massad Ibrahim Shalaby, détenu (arbitrairement) depuis janvier 2020”, indique le média.

Les Frères musulmans sont qualifiés d’“organisation terroriste” par Riyad et Le Caire depuis le coup d’État en 2013 contre Mohamed Morsi −premier président élu démocratiquement dans le sillage des “printemps arabes” −, mené par le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, devenu président de l’Égypte depuis.

Un prétexte

Le médecin, qui a travaillé au ministère saoudien de la Santé de 2006 à 2019, a nié les accusations portées contre lui tandis que l’ECRF et le Gulf Center for Human Rights ont lié son arrestation à une action en justice qu’il avait intentée en 2017 contre le ministère saoudien pour des impayés.

“Tout au long de sa vie, le Dr Shalaby n’a été impliqué dans aucune activité politique et il n’a même pas voté à des élections présidentielle ou parlementaires au cours des dernières années”, ont déclaré les deux groupes de défense des droits humains.

“Cela est officiellement documenté par l’ambassade d’Égypte en Arabie saoudite, où il résidait lors de ces élections.”

En tout état de cause, “aucun système judiciaire équitable ne peut utiliser” de telles allégations pour “accuser une personne innocente” et prononcer des peines de vingt ans de prison, ont souligné les deux ONG, citées par MEE, appelant à la libération “immédiate et inconditionnelle” de l’accusé.

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