Survivre à l’adolescence, mode d’emploi

Par Sophie Pujas
·1 min de lecture
Caroline Solé.
Caroline Solé.

Peut-on consoler le passé ? Dans D'après mon adolescence, Caroline Solé part à la recherche de celle qu'elle fut. C'est-à-dire cette fille de 13 ans face aux abîmes de son âge, aimantée par le sexe, dont elle ne sait rien, et ignorant que les autres souffrent du même mal-être qu'elle. L'autrice s'adresse à ce visage du passé, et lui raconte les années de tangage intense qui ont mené à ses 18 ans, tout en précisant : « Ne t'inquiète pas, je suis là. Et si je suis là, c'est que tu as survécu à l'adolescence. » Mais elle se souvient. « Tu n'as pas honte d'être une fille, tu n'as tout simplement pas le mode d'emploi. » Ou encore : « Tu as l'impression de traverser tes journées sans pouvoir intervenir. Les adultes décident de tout. » Elle chemine ici en écriture aux côtés de cette fille enfouie en elle. Elle en raconte les errances, au bord de l'autodestruction, comme lors d'une longue fugue à Londres.

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On doit déjà à Caroline Solé plusieurs romans auscultant avec acuité les vertiges de l'adolescence, dont La Fille et le Fusil, paru l'an dernier. Elle se livre à une passionnante entreprise de déchiffrement de soi, qui est aussi une expérience et une aventure littéraire, une autofiction cousine, par exemple, des livres de Maggie Nelson. Ainsi reproduit-elle aux côtés de son récit des pages de ses journaux de jeunesse. C'est parce qu'elle est au plus intime que Caroline Solé pourra parler à tout ado qui passe par les affres [...] Lire la suite