Surveillance de masse: comment la France a rejoint le club

Libération.fr
Dans les couloirs du siège de la DGSE, à Paris, en juin 2015.

Depuis 2008, la DGSE a développé un gigantesque système de renseignement reposant sur la très large collecte des communications en ligne. L'une des illustrations d'un affaiblissement récent du droit et des libertés, décrit dans le livre «L'Etat secret», paru jeudi.

Chaque vendredi, chronique des jeux de pouvoir et de l’art de la guerre dans le cyberespace.

Ce sont quelques lignes perdues dans la littérature budgétaire rédigée dans la plus pure langue administrative. «Le transfert de crédit […] couvre des besoins liés aux capacités techniques interministérielles des services de renseignement […] principalement la cryptanalyse [cassage de codes, ndlr] et le décryptement, les projets d’acquisition […] d’un programme de "big data" ainsi que les travaux de modernisation du dispositif de surveillance internationale», indique un document parlementaire récemment mis en ligne. Un «bleu» budgétaire, ces annexes au projet de loi de finance, reprend grosso modo les mêmes termes. Traduction sommaire et partielle : la DGSE, le principal service de renseignement extérieur, veut mettre à jour ses dispositifs de surveillance de masse. C’est à ces pratiques des plus confidentielles que le journaliste Jacques Follorou consacre un livre, l’Etat secret (Fayard), dans le prolongement de son travail entamé en 2013 dans le journal le Monde. Ou comment la France, à l’instar des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et d’autres, s’est convertie à la prédation des données personnelles au nom de la lutte antiterroriste.

Il y décrit la genèse d’un programme baptisé PTM pour «plateforme multimodale» (en 2012, un rapport du groupe Orion, des hauts fonctionnaires proches du Parti socialiste, citait déjà une «plateforme technique mutualisée», dont l’acronyme est également PTM). «Si la France veut être prise au sérieux, elle doit être capable d’intercepter, de traiter et de décrypter les masses gigantesques de données qui circulent dans les câbles sous-marins», écrit Follorou à (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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