Du sursis à huit ans de prison pour six policiers de la BAC parisienne

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Au tribunal de Paris, le jugement dans l'affaire dite des policiers « ripoux » de la brigade anticriminalité du 18e arrondissement, a été rendu ce lundi 22 février. Le tribunal a reconnu coupables six policiers d'avoir, il y a quelques années, fermé les yeux des trafics de drogue contre rémunération.

Vêtu d'un pull gris, les mains croisées sur sa poitrine, Karim M., le chef informel du groupe de policiers assis sur le banc des accusés, secoue légèrement la tête à l'annonce de sa condamnation. Reconnu coupable d'avoir contraint certains dealers de la Goutte d'or à lui donner de l'argent pour qu'il ferme les yeux sur leur trafic, il est condamné pour corruption passive, blanchiment, faux en écriture publique et trafic de stupéfiants.

Il a notamment été reconnu coupable d'avoir, en concertation avec l'un de ses « indics », interpellé opportunément en avril 2017 deux hommes avec de la cocaïne qui ne leur appartenait pas - en empochant 80 000 euros.

La présidente du tribunal a fustige des arrestations arbitraires. « En choisissant ceux qui doivent être contrôlés et ceux qui ne doivent pas être inquiétés, vous vous posez en procureur et en juge », tempête t-elle, avant d'ajouter « vous étiez également banquier et porteur de valises ».

Huit ans de prison ferme

Accusé d'avoir trahi la confiance de l'institution policière, Karim M. écope de 8 ans de prison ferme et d'une interdiction définitive d'exercer le métier de policier. Pour la présidente, l'ancien chef de patrouille a « sali » par ses agissements toute une profession. « Quand je vois la carrière qu'il a faite et ce qu'il a réussi en terme d'interpellations, de poursuites, son travail de policier... Le mot salir n'est vraiment pas admissible en ce qui concerne » monsieur Karim M., a déclaré son avocat Patrick Maisonneuve.

Pour les cinq autres fonctionnaires qui étaient sous ses ordres, les sanctions s'échelonnent entre 4 ans d'emprisonnement et 18 mois avec sursis. Ils mettent en cause leur hiérarchie, qui aurait volontairement fermé les yeux sur ces pratiques. « C'est très injuste pour des petits policiers qui se sont faits pendant des années encouragés, félicités dans leur comportement, dans leur travail qui a toujours été exemplaire. Et puis aujourd'hui, parce qu'ils ont travaillé sous une hiérarchie de plomb doivent répondre avec sévérité aux comportements de ceux qui entouraient leur travail », a estimé Adrien Sorrentino, l'avocat d'un des prévenus.

Tous ont prévu d'interjeter appel de cette décision, jugée trop sévère. Les plus jeunes de ces fonctionnaires, dont certains ont à peine 30 ans, espèrent que la décision en appel leur permettra de réintégrer la police.