Sursaut gamma : une énergie record détectée dans l’univers

Nathalie Mayer, Journaliste
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Sursaut gamma : le plus puissant jamais découvert dans l’univers

Environ une fois par jour, quelque part dans notre univers, se produit ce que les astronomes appellent un sursaut gamma. Un flash de photons très bref, mais extrêmement énergétique. Les chercheurs pensent que ces flashs trahissent la naissance cataclysmique d’un trou noir suite à des collisions d’étoiles à neutrons ou à des explosions de supernova. Les sursauts gamma sont les explosions les plus puissantes que les astronomes connaissent. Ils libèrent généralement plus d’énergie en quelques secondes que notre Soleil durant toute sa vie.

Mais leur détection reste délicate. Elle s’est, jusqu’à aujourd’hui, essentiellement faite grâce aux télescopes spatiaux. Malheureusement, leurs détecteurs ne sont pas sensibles aux rayons gamma de très haute énergie. Et personne ne savait donc réellement à quel point ils pouvaient être puissants. Jusqu’à ce qu’il y a quelques mois, plusieurs équipes internationales, comportant des chercheurs du CNRS, détectent enfin — et de marnière indépendante — des sursauts gamma d’une extrême énergie.

Pour bien comprendre l’énergie colossale détectée par les chercheurs, sachez que la lumière visible se situe sur une plage d’énergie d’environ 1 à 3 électrons-volts. © Desy, Science Communication Lab

Un premier sursaut gamma à l’été 2018

Alertés par des observations de deux télescopes spatiaux de la Nasa, Swift et Fermi, des astronomes opérant en juillet 2018 le High Energy Stereoscopic System (HESS), installé en Namibie, ont été les premiers à détecter, depuis le sol, des rayons gamma de haute énergie issus d’un événement baptisé GRB 180720B et survenu à pas moins de six milliards d’années-lumière de notre Terre. Près de 120 photons ont été enregistrés à une énergie comprise entre 100 et 440 GeV — soit entre 100 et 440 milliards d’électrons-volts. Captés, qui plus est, près de dix heures après le déclenchement du sursaut gamma et pendant une durée de deux heures.

De quoi prouver pour la première fois la présence de particules...

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