Surprenant : la solitude ferait grossir le cerveau !

Céline Deluzarche, Journaliste
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La solitude a des effets délétères sur la santé. Plusieurs études ont ainsi montré que le sentiment d’isolement est étroitement lié à l’hypertension, l’affaiblissement des défenses immunitaires, le risque suicidaire ou encore la maladie d’Alzheimer. Mais, de manière surprenante, elle modifierait aussi le cerveau pour le rendre plus connecté et plus riche en matière grise, la couche externe du cerveau (cortex) qui est le lieu des opérations mentales et du stockage des informations.

Une équipe de chercheurs de l’université McGill, au Canada, a mené la plus vaste enquête sur le sujet, à partir des données d’imagerie par résonance magnétique (IRM), des données génétiques et des résultats d’autoévaluations psychologiques d’environ 40.000 personnes enregistrées dans la biobanque du Royaume-Uni, une base de données à laquelle les scientifiques ont librement accès. Les chercheurs ont ensuite comparé les données d’IRM des participants ayant indiqué se sentir souvent seuls à celles des autres participants.

Le « réseau cérébral par défaut » s’active quand on laisse libre cours à ses pensées. © Nathan Spreng et al., Nature Communications, 2020
Le « réseau cérébral par défaut » s’active quand on laisse libre cours à ses pensées. © Nathan Spreng et al., Nature Communications, 2020

Une matière grise plus volumineuse

Résultat : le cerveau des personnes déclarant souffrir de solitude présente plusieurs différences, principalement dans ce que l'on appelle le « réseau cérébral par défaut ». Ce réseau entre en action lorsque nous nous remémorons le passé, que nous envisageons l’avenir ou que nous imaginons un présent hypothétique. « Contre toute attente, les connexions sont plus intenses dans ce réseau et la substance grise y est plus volumineuse », écrivent les chercheurs dans leur étude publiée dans Nature Communications.

Les analyses montrent également des différences dans le fornix, le faisceau de fibres nerveuses assurant la transmission des signaux entre l’hippocampe et le réseau par défaut. Chez les personnes seules, la structure de ce faisceau est mieux préservée. Jusqu’à présent, les études avaient porté sur les...

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