Les surfeurs dénoncent les "larmes de sirènes", ces microbilles de plastique polluant l'océan et les plages

Les surfeurs de Bretagne et des Pays de la Loire manifestent ce samedi 21 janvier 2023 contre une pollution récente de leurs vagues et de leurs plages par de minuscules microbilles de plastique provenant soit d’un conteneur perdu en mer, soit de fuites d’une usine de thermoplastique. Le laxisme de l'industrie est dénoncé.

C’est pour exprimer leur profond ras-le-bol que les correspondants locaux de l’association Surfrider Foundation Europe vont manifester ce samedi 21 janvier 2023 sur la côte Atlantique. Sur la plage de la Noëveillard à Pornic (Vendée), de Kerhornou à Plouarzel (Finistère nord) et de Tréguennec (Finistère sud), les surfeurs vont inscrire sur le sable ou brandir sur des banderoles le slogan "Pollution plastique = Industrie coupable". La cause : des millions de petites billes transparentes de 5 millimètres de diamètre, qui constituent la matière de base de la plasturgie. Elles ont "atterri" depuis décembre sur les "spots" les plus fréquentés par les sportifs. Des seaux entiers ont été ramassés, d’abord en Bretagne en décembre, puis en Vendée et Loire-Atlantique à la mi-janvier. Les maires vendéens de Pornic et des Sables-d’Olonnes ont annoncé leur volonté de porter plainte contre X.

Qui est ce X d’où proviennent ces "granulés plastiques industriels" (GPI) ou "pellets" mais aussi poétiquement appelés "larmes de sirènes" ? Pour l’association, deux hypothèses sont possibles. La plus probable, c’est celle d’un conteneur tombé à la mer et qui relâche petit à petit sa marchandise. "Les pellets de plastique voyagent dans des grands sacs, les big bags, qui sont faciles à manipuler par leurs anses mais sont très mal fermés", explique Lionel Cheylus, responsable média de Surfrider pour l’Europe. L’autre piste, c’est celle de rejets d’une usine de plasturgie, soit accidentellement, soit par négligence.

Une démarche volontaire qui semble peu efficace

Le phénomène est en tout cas d’ampleur. Un rapport de la direction générale de l’environnement de la Commission européenne estime à 160.000 tonnes par an la dispersion de ces microbilles dans l’environnement, dont près de la moitié entre dans le milieu aquatique. Au niveau mondial, une ONG écossaise, The Great Nurdle Hunt (la chasse aux grands dommages), affirme que 230.000 tonnes sont relâchées tous les ans dans le monde.

Ce samedi, S[...]

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