Le surf au Liberia, une passion salutaire filmée dans «Water Get No Enemy»

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Water Get No Enemy, documentaire de 46 minutes réalisé et écrit par les Français Arthur Bourbon et Damien Castera, raconte comment d’anciens enfants des guerres civiles au Liberia (1989 à 1996, puis de 1999 à 2003) se sont découverts une passion salvatrice pour le surf. Un amour pour cette discipline qu’ils ont ensuite transmis à d’autres gamins, au point de créer une petite communauté de surfeurs au pays de l’ex-footballeur et actuel président libérien, George Weah.

« Lorsque je surfe, je me nettoie l’esprit de tout ce qui est arrivé pendant cette guerre, glisse Peter, jeune Libérien né en 1990. C’est là que je retrouve vraiment ma paix, en surfant ». C’est par ce témoignage ou presque que débute Water Get No Enemy, documentaire de 46 minutes au Liberia réalisé et écrit par les Français Arthur Bourbon et Damien Castera et disponible depuis janvier 2021 sur différentes plateformes de VOD.

En 2018, ces deux surfeurs professionnels et vidéastes sont allés à la rencontre de « ces enfants de la guerre qui auraient troqué leurs mitraillettes contre des planches de surf ». Parmi eux, il y a notamment Benjamin McCrumada, ex-enfant-soldat, qui se présente comme « le plus vieux surfeur » du pays et le « père du surf au Liberia ». Autour de lui, de Peter, et d’autres, s’est fédérée une petite communauté d'une soixantaine de jeunes surfeurs, dans la capitale Monrovia, mais surtout à Robertsport, à quelques kilomètres de la Sierra Leone.

C’est dans ces deux villes qu’Arthur Bourbon et Damien Castera ont filmé la passion aussi salvatrice que rafraichissante d’une bande de jeunes adultes et de gamins, qui s’échangent des planches de fortune.

Water Get No Enemy ne décrit pas une lame de fond au Liberia mais plutôt un phénomène émouvant de résilience et de simplicité, à l’instar de Rising From Ashes, documentaire américain qui suit une équipe nationale cycliste du Rwanda composée en partie d’anciens rescapés du génocide de 1994. « D’une manière générale, le tournage s’est plutôt très bien passé, raconte Arthur Bourbon à rfi.fr. Ça a été assez simple de raconter cette histoire, même s’il y a eu des moments délicats, puisqu’il s’agit de sujets qui sont sensibles. Certaines personnes sont plus traumatisées que d’autres. Donc, il y a eu des fois où certains faisaient preuve de davantage de pudeur que d’autres et étaient assez réservés lorsqu’on parlait du passé et de la guerre ».

Des guerres civiles illustrées, durant le film, à l’aide de scènes d’animation. Des dessins au style faussement infantile qui contrastent avec l’enthousiasme – bien réel, lui – des gosses de Robertsport, pourtant pas épargnés par le dénuement et des crises comme celle d’Ebola. « Je veux être champion d’Afrique », lâche dans un sourire, l’un d’entre eux, entre deux sessions. Il raconte les séances de surf avec des planches de fortune, la sensation de plaisir d’être dans l’eau.

Damien Castera et Arthur Bourbon sont, eux, revenus émerveillés de leur séjour de 23 jours au Liberia. « Les gens sont hyper souriants, hyper accueillants, plein d’énergie, raconte le deuxième. Ils ont l’envie de s’en sortir et ils sont hyper positifs. Et ça, pour moi, ça été la grande leçon de vie en allant là-bas ».