Suppression de la redevance audiovisuelle : la France entre divisions et craintes

PHOTO/XOSE BOUZAS / Hans Lucas/ AFP

La France rejoint désormais le club des pays qui “changent de régime pour le soutien au service public” après le vote samedi 23 juillet par l’Assemblée nationale, “dans l’ambiance houleuse qui la caractérise”, d’une loi supprimant la redevance radio-TV, une promesse de campagne du président Emmanuel Macron, rapporte le quotidien suisse Le Temps.

Le vote acquis par 170 voix contre 57 - principalement de gauche - est à l’image de la polarisation actuelle au sein du Parlement français et de l’absence d’une majorité, note le quotidien.

“Les Républicains et le Rassemblement national ont soutenu la majorité présidentielle sur ce point. Avec des vues différentes : l’extrême droite veut privatiser l’audiovisuel public, ce dont se défend la majorité. La gauche a rejeté en bloc”.

Quatre milliards d’euros : où les trouver ?

Par ailleurs, l’enjeu financier est non négligeable et le gouvernement devra encore trouver une alternative aux quatre milliards d’euros annuels générés jusqu’ici par la redevance, souligne Le Temps.

“En France, la redevance coûte 139 euros à chaque ménage qui déclare recevoir des programmes […] Elle rapporte 3,9 milliards d’euros environ, dont 2,5 milliards vont à France Télévisions, 608 millions à Radio France, le solde à diverses instances dont le pôle qui comprend France 24 et RFI ainsi que le groupe d’Arte”.

Les responsables du secteur des médias craignent en effet une politisation du financement, ajoute le quotidien.

“Le gouvernement songeait à un appui issu simplement du budget ordinaire de l’État. Dans l’Hexagone comme ailleurs, c’est le modèle qui inquiète le plus les responsables des radios et TV, car cela soumet leurs enveloppes à des débats fort politisés, et ce, chaque année”.

L’Hexagone comparé à ses voisins européens

En Suisse, où cette même redevance rapporte 1,3 milliard de francs par an, le débat traîne depuis une décennie, tandis qu’au Royaume-Uni, où la BBC est uniquement financée par cette ponction et les ventes à l’étranger, une décision récente de Boris Johnson propose de la supprimer à l’horizon 2027.

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