Suppression de l'ENA : "Je suis favorable à un grand coup de pied dans la fourmilière", réagit Nathalie Loiseau, ancienne directrice de l'école

"On a besoin de hauts fonctionnaires bien formés, bien recrutés, mais on a besoin que les choses bougent." Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM et ancienne directrice de l'Ecole nationale d'administration de 2012 à 2017, salue la suppression de l'ENA, que doit annoncer Emmanuel Macron jeudi 8 avril. "Je suis favorable à un grand coup de pied dans la fourmilière", a déclaré l'ancienne ministre des Affaires européennes, invitée de franceinfo canal 27. "Ça fait des années qu'on sait qu'il y a des fils de profs, c'est ça la réalité. C'est une espèce de délit d'initié culturel qui fait qu'on passe les concours des grandes écoles et notamment de l'ENA parce qu'on sait comment ça se passe, parce qu'on est informé. Et donc on se prive de tout un tas de talents." "Sortir du moule de Sciences Po Paris" Nathalie Loiseau préconise "d'élargir le recrutement, sortir du moule de Sciences Po Paris." Elle déclare avoir fait avancer les choses lorsqu'elle était à la tête de l'ENA entre 2012 et 2017 : "Créer des classes préparatoires pour les élèves boursiers pour l'égalité des chances, j'ai changé les épreuves du concours d'entrée, j'ai changé la scolarité pour rapprocher les élèves des enjeux d'aujourd'hui." Elle estime cependant que l'ancien président François Hollande "a manqué de volonté politique" et s'est "bien gardé" de "s'attaquer au classement de sortie, s'attaquer aux carrières de la haute fonction publique".