Superprofits : le patron de CMA CGM s’engage pour accélérer la décarbonation

En 2021, l’entreprise CMA CGM a engrangé le plus gros bénéfice du pays, mais compte désormais consacrer 1,5 milliard à un fonds énergie destiné à « accélérer la décarbonation de ses activités ».
LUDOVIC MARIN / AFP En 2021, l’entreprise CMA CGM a engrangé le plus gros bénéfice du pays, mais compte désormais consacrer 1,5 milliard à un fonds énergie destiné à « accélérer la décarbonation de ses activités ».

LUDOVIC MARIN / AFP

En 2021, l’entreprise CMA CGM a engrangé le plus gros bénéfice du pays, mais compte désormais consacrer 1,5 milliard à un fonds énergie destiné à « accélérer la décarbonation de ses activités ».

ÉCONOMIE - L’armateur CMA CGM, qui a engrangé un bénéfice net record de 14,8 milliards d’euros au premier semestre, va consacrer 1,5 milliard à un fonds énergie destiné à « accélérer la décarbonation de ses activités », a affirmé son PDG Rodolphe Saadé au JDD.

CMA CGM, qui a tiré bénéfice comme l’ensemble du secteur de l’explosion des tarifs du fret lors de la pandémie de Covid-19 et du désordre logistique qui a fait flamber les prix du transport de marchandises depuis lors, figure parmi les cibles d’une éventuelle taxe sur les « superprofits », demandée par l’opposition de gauche en France.

« Je comprends que le sujet soit mis sur la table », a confié Rodolphe Saadé au JDD. « Mais nos résultats ne sont pas un effet d’aubaine. Ils sont le fruit de nos investissements passés, qui se chiffrent en milliards pour proposer des capacités de transport supplémentaires à nos clients ».

Des résultats records qui poussent à agir

CMA CGM, pointé du doigt parmi les « profiteurs de crise », s’est engagé à la neutralité carbone nette d’ici à 2050. Et c’est dans cette direction que l’entreprise consent à faire des efforts. « Nous allons déployer sur cinq ans un fonds spécial énergie doté de 1,5 milliard d’euros afin d’accélérer la décarbonation de nos activités dans le monde entier », annonce en ce sens le patron du 3e armateur mondial, avec 580 navires, au moment où la taxation des superprofits fait son bout de chemin au sein du gouvernement. Grâce à ce fond, l’armateur espère ainsi « accélérer l’émergence d’unités de production à l’échelle industrielle de fuels alternatifs ».

Le groupe a déjà consenti plusieurs gestes ces derniers mois, dont une nouvelle baisse de ses tarifs au 1er août avec notamment une réduction de ses taux de fret de 750 euros par conteneur 40 pieds vers la métropole et les Outre-mer, soit jusqu’à 25 % de ses prix, au lieu de 500 euros prévus précédemment.

Le groupe qui « exploite 700 entrepôts et une cinquantaine de terminaux portuaires » veut aussi développer son autonomie énergétique en installant sur ses actifs des dispositifs de « production d’énergies décarbonées (éolien, solaire, biomasse, hydrogène) », précise-t-il dans un communiqué.

CMA CGM a rappelé qu’il s’était associé à Energy Observer pour développer « un prototype de porte-conteneurs dédié aux liaisons régionales propulsé à l’hydrogène liquide ». L’objectif est de « permettre un transport maritime décarboné à plus grande échelle sur la courte distance notamment ».

Le groupe a aussi pris une participation au sein de Neoline, une société nantaise qui travaille sur un projet de cargo à propulsion principale à voile « pour 2024 sur les routes transatlantiques ». Rodolphe Saadé a par ailleurs indiqué qu’il participerait au fond vert promu par le gouvernement « en allouant une partie de (son) engagement à des projets communs », une décision prise « en voyant les feux en Gironde de cet été » confie l’armateur.

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