Sur les superprofits, Bruno Le Maire ferme la porte ouverte par Élisabeth Borne

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SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

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Bruno Le Maire photographié ce mardi 30 août à l’université d’été du Medef .

POLITIQUE - Si vous avez aimé les contradictions gouvernementales au sujet des jets privés, celle sur les superprofits devrait vous intéresser. En marge de son déplacement aux universités du Medef ce mardi 30 août, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire en a profité pour dire tout le mal qu’il pensait de la taxe sur les superprofits que la gauche espère imposer par référendum.

« Je ne sais pas ce que c’est qu’un superprofit », a déclaré le locataire de Bercy, balayant donc revers de main cette mesure réclamée par la NUPES.

« C’est une notion qui n’a pas de sens. Des entreprises font des profits et lorsqu’elles font des profits importants, surtout en période d’inflation, il est nécessaire qu’elles en reversent une partie directement aux Français », a-t-il insisté, citant en exemple la remise à la pompe consentie par Total.

Des propos très loin du signal envoyé dans le week-end par Élisabeth Borne. Dans une interview au Parisien samedi 27 août, la Première ministre a affirmé ne pas « fermer la porte » à une taxation des « superprofits », bien qu’elle préfère une baisse des prix décidée par les entreprises ou que les entrepreneurs se saisissent des systèmes de primes votés dans l’été.

« Personne ne comprendrait que des entreprises dégagent des profits exceptionnels alors même que les Français peuvent être inquiets pour leur pouvoir d’achat », expliquait la cheffe du gouvernement qui, à l’inverse de son ministre de l’Économie, n’a aucun mal à utiliser cette expression chère à la gauche.

De la friture sur la ligne gouvernementale ? « La Première ministre dit un truc et le lendemain et il dit l’inverse sur le même lieu ? C’est plus que s’affirmer à ce niveau-là », grince auprès du HuffPost une macroniste de la première heure, soupçonnant Bruno Le Maire de vouloir rattraper son retard sur l’omniprésent Gérald Darmanin dans l’optique de 2027 : « Il montre bien qu’il est sur le temps long ».

À noter que cette question taraude aussi la majorité. « La question n’est pas qu’économique, c’est aussi un combat symbolique, et c’est pour cela que ça un intérêt. Il y a une question d’acceptabilité sociale qui se pose », explique le président LREM de la commission des lois Sacha Houlié, partisan de la taxation, cité dans L’Opinion.

À voir également sur Le HuffPost : La sobriété ou le rationnement, la mise en garde de Borne aux patrons

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