Supercoupe d'Espagne: l'Arabie Saoudite s'offre un clasico délocalisé en finale

Xavi contre Carlo Ancelotti, Karim Benzema contre Robert Lewandowski... toutes les stars du Real Madrid et du FC Barcelone seront réunies à Ryad dimanche (20h00) pour un clasico de gala délocalisé en finale de la Supercoupe d'Espagne.

Dans les journaux espagnols, malgré les 5.000 kilomètres qui séparent Madrid de l'Arabie Saoudite, la fièvre a déjà commencé à monter.

"Superfinale pour supergardiens", a titré le quotidien catalan Sport samedi, tandis que le journal madrilène As a affiché Thibaut Courtois, Marc-André ter Stegen, Lewandowski et Benzema sur un fond de Une dorée, précisant en titre que le clasico sera "l'affaire de ces quatre-là".

Même Cristiano Ronaldo, qui vient de signer au club d'Al-Nassr (qui a prêté ses installations au Real Madrid pendant son séjour saoudien), a tenu à encourager son ancien club.

"Cela fait toujours plaisir de voir des anciens coéquipiers et des gens du club avec lequel on a écrit l'histoire. (...) Bonne chance à notre Madrid pour dimanche", a souhaité "CR7" sur Real Madrid TV.

Si la frénésie est moindre comparé au clasico aller de Liga, remporté 3-1 par les Madrilènes au Bernabéu en octobre, cette affiche en Supercoupe d'Espagne pourrait toutefois revêtir une importance capitale.

"Tous les titres sont importants pour ce club. Ils nous procurent de la motivation, de la confiance, ils amènent la bonne ambiance... Il y a beaucoup de choses en jeu sur ce match", a prévenu Ancelotti, qui sait mieux que quiconque que le Real "ne se lasse jamais de gagner".

Même son de cloche côté catalan. "On n'a pas peur, on n'est pas anxieux. On a devant nous une chance en or de gagner un titre qui nous offrirait une confiance énorme. Quoiqu'il advienne, la saison continuera. Mais avec un titre en poche, tout est différent", a glissé samedi Xavi, qui aurait "adoré être sur le terrain" pour cette affiche.

- Ballon d'Or contre Soulier d'Or -

Si les chiffres donnent l'avantage au Real Madrid d'Ancelotti, la dynamique des équipes pousse à croire que le Barça de Xavi, qui a ravi la première place de Liga aux Merengues avant le Mondial au Qatar, est en mesure glaner son premier titre depuis près de deux ans (la Coupe du Roi en avril 2021).

Mais depuis son retour sur le banc madrilène, Carlo Ancelotti a disputé quatre finales sur cinq possibles. Et en tant qu'entraîneur, il n'a jamais perdu une finale depuis 2010.

En cas de sacre dimanche, le Real Madrid égalerait les 13 Supercoupes d'Espagne du FC Barcelone, mais atteindrait surtout la barre des 100 titres dans l'histoire, selon le décompte (parfois discuté) du club.

"Je suis hyper-motivé pour demain (dimanche, NDLR). Et si vous me dites qu'Ancelotti n'a pas perdu une finale depuis 2010, ça me motive encore plus", a souri Xavi samedi, avant de retrouver son homologue du Real pour la photo traditionnelle des entraîneurs devant le trophée.

Sur le terrain, il y aura des duels à tous les étages. Dans les cages, avec Courtois contre Ter Stegen, deux des meilleurs gardiens du monde; dans les surfaces, avec le Ballon d'Or Benzema contre le Soulier d'Or "Lewy"; sur les ailes, avec les véloces Ousmane Dembélé et Vinicius...

Et hors du terrain, la mission est déjà réussie pour la fédération espagnole (RFEF) et ce royaume ultraconservateur très critiqué par les défenseurs des droits humains.

En revoyant la formule de la compétition en 2019 et en la délocalisant en Arabie Saoudite pour dix ans et 40 M d'EUR par édition, les organisateurs se sont assurés en pratique la présence des stars du Real et du Barça, qui vont pousser les supporters saoudiens au stade du Roi-Fahd dimanche... même si Madrilènes et Barcelonais, eux, devront suivre leur clasico à la télévision.

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