"Une supercherie": les Soulèvements de la Terre ne comptaient pas se rendre au grand débat du Salon de l'agriculture

Les Soulèvements de la Terre devaient participer ce samedi au "grand débat" organisé par le président de la République, Emmanuel Macron, au Salon international de l'Agrictulture. Mais c'était avant que l'Élysée ne rétropédale, dans la foulée d'une série de réactions négatives à l'invitation lancée au collectif écologiste radical, que l'exécutif souhaitait encore dissoudre il y a quelques mois.

La réponse des Soulèvements de la Terre à cette éviction ne s'est pas fait attendre. Le mouvement estime que le président de la République a cédé sous la pression exercée par le président de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire.

"Arnaud Rousseau a fait pression pour ne pas se retrouver face à nous et Macron s'est couché. Qu'il soit rassuré : nous n'aurions pas participé à cette supercherie, mais merci pour le spectacle !", a déclaré le collectif sur X (ex-Twitter).

Une "provocation inacceptable"

Les Soulèvements de la Terre assurent qu'ils n'auraient dans tous les cas pas participé à ce débat. "Compte tenu de l'enfumage du Grand Débat post GJ (Gilets Jaunes, ndlr) et de la Convention Citoyenne pour le Climat, nous n'aurions pas pris part à cette opération de communication", précise le mouvement écologiste. "Mais il est intéressant de noter que le gouvernement est toujours prompt à céder aux exigences du patron de la FNSEA", ajoute-t-il.

Arnaud Rousseau a précisé jeudi qu'il refusait de participer à ce débat en la présence du collectif écologiste, dénonçant une "provocation inacceptable". Et le président de la FNSEA a réitéré sa volonté de ne pas prendre part à ce débat, au micro de BFMTV ce vendredi matin. Et ce, en dépit du rétropédalage de l'Elysée sur l'invitation lancée aux Soulèvements de la Terre.

Invitation "inopportune compte tenu du contexte"

Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a de son côté précisé, ce matin sur TF1, qu'il n'avait "pas de certitude" sur le maintien du grand débat samedi. Avant d'ajouter qu'il comprenait "parfaitement l'incompréhension pour ne pas dire la colère qui s'est exprimée à l'idée que certains avaient exprimé qu'on invite les Soulèvements de la Terre".

"Je considère que leur mode d'expression, c'est le casque, c'est le masque et c'est cocktails molotov", a lâché le ministre de l'Agriculture. "On ne discute pas avec ces gens-là, c'est très bien ainsi", a-t-il encore déclaré.

Il considère que l'invitation du collectif était "inopportune compte tenu du contexte" et "compte tenu de la nature de ce que sont les Soulèvements de la terre". Reste à savoir pourquoi l'exécutif avait initialement décidé d'inviter le collectif à débattre.

Article original publié sur BFMTV.com