Sur les super-profits, de nouvelles dissensions en Macronie

Après la franche opposition de Bruno Le Maire sur le sujet, le débat sur la taxation des profits exceptionnels générés par certaines entreprises continue de diviser la majorité.

POLITIQUE - Ils l’assurent, sur le débat de la taxation des super-profits, les marcheurs sont sur la même ligne. Pourtant, depuis qu’Élisabeth Borne a entrouvert la porte à une telle mesure, difficile de constater une réelle harmonie au sein de la majorité.

Alors que l’Allemagne a annoncé qu’elle comptait bien mettre à contribution les grandes entreprises, le ministre de l’Industrie Roland Lescure s’est montré réticent à une telle option à ce stade, ce lundi 5 septembre au matin sur France Info. « Moi, j’attends que les entreprises fassent des efforts, et c’est déjà le cas aujourd’hui », a-t-il affirmé, citant notamment la ristourne de Total sur le prix à la pompe. En revanche, « si Total ne le fait pas », le gouvernement agira en dernier recours, a assuré le ministre de l’Industrie. Et d’ajouter : « Ce que j’aimerais (...) c’est qu’on arrête un peu systématiquement de jeter la pierre aux grandes entreprises comme si c’était l’ennemi. »

« Il faut qu’on trouve un dispositif »

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a apporté sa pierre au débat et fait entendre une voix dissonante. « Je pense qu’il faut que l’on regarde comment rétablir plus d’équité et de justice », a-t-elle commenté à quelques minutes d’intervalle sur France Inter. « Pas nécessairement [...] sous forme de taxation, mais je pense qu’il faut qu’on trouve un dispositif. » L’élue a par ailleurs rappelé que l’Assemblée nationale allait mener une mission d’information sur les super-profits dans les prochaines semaines.

Ces prises de parole s’ajoutent à une longue liste de prises de position parfois contradictoires au sein de la majorité. À commencer par celle du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire qui assurait le 30 août dernier devant le Medef : « Je ne sais pas ce qu’est un superprofit. »

Quelques jours plus tard, sur BFMTV, Gabriel Attal montrait lui aussi peu d’enthousiasme sur cette taxation : « Les Français ont souvent entendu sur les plateaux de télévision des politiques dire ’on va créer une taxe sur tel superprofit’, je ne suis pas sûr qu’ils aient vu concrètement ce que ça changeait dans leur vie quotidienne », a-t-il réagi.

Malgré ces prises de parole pas toujours très raccord, le gouvernement tente malgré tout d’afficher un front uni. « On dit la même chose », assurait Élisabeth Borne jeudi 1er septembre au micro de France Inter. Ce que l’on dit, Bruno Le Maire comme moi (...), c’est que nous souhaitons prioritairement que les entreprises qui n’ont pas à augmenter leurs prix ne les augmentent pas, rendent du pouvoir d’achat aux Français, et si elles peuvent baisser leurs prix, qu’elles le fassent. »

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