Sur les super-profits, Geoffroy Roux de Bézieux ulcère la gauche

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, il seraut « absurde » de taxer les entreprises qui ont fait des super-profits.
France Inter Pour Geoffroy Roux de Bézieux, il seraut « absurde » de taxer les entreprises qui ont fait des super-profits.

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Pour Geoffroy Roux de Bézieux, il seraut « absurde » de taxer les entreprises qui ont fait des super-profits.

POLITIQUE - « Qui est le plus grand super-profiteur ? » Pour Geoffroy Roux de Bézieux, la réponse tient en un mot : l’État. Ce lundi 29 août, le patron du Medef s’est fermement opposé à la taxation des entreprises qui font des super-profits, alors même que la Première ministre n’y a pas « fermé la porte », bien qu’elle préconise une autre méthode.

« Qui est le plus grand super-profiteur, si j’ose, qui fait les plus grands super-profits ? C’est l’État », a déclaré sur France Inter le président du Medef, quelques heures avant l’ouverture de l’Université d’été de l’organisation patronale. « Les recettes fiscales du 1er semestre 2022 ont augmenté de 27 milliards d’euros grâce aux super-profits des entreprises. Donc c’est une bonne nouvelle pour ces entreprises, pour leurs salariés mais aussi pour les Français et pour l’État et pour la dette », avance-t-il.

« C’est une bonne nouvelle pour les Français d’avoir des entreprises qui font des profits parce que ça génère de l’impôt, des recettes fiscales et qu’il faut augmenter les enseignants, qu’il faut augmenter le budget de la défense », détaille Geoffroy Roux de Bézieux qui juge une taxation supplémentaire « absurde ». « On ne va pas faire varier le taux d’impôts en fonction de si ça va. À ce moment-là, quand ils font de super-pertes, qu’est-ce qu’on fait ? On leur rend l’argent ? Ça n’a pas de sens », estime-t-il.

De quoi faire bondir Cyrielle Chatelain, co-présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale. « En août 2021 l’État a soutenu les entreprises à hauteur de 80 milliards d’euros face au Covid, rappelle l’élue de l’Isère. Il faut contraindre les grandes entreprises à sortir d’une logique où on mutualise les risques et privatise les gains. Pour cela il faut taxer les super profits. »

La taxation des super-profits - les entreprises ayant engrangé des bénéfices plus importants que d’ordinaire grâce à des situations dramatiques, comme la crise sanitaire et la guerre en Ukraine - est réclamée par une partie de la classe politique depuis plusieurs mois. Lors des débats sur la loi pour le pouvoir d’achat, un amendement avait même été déposé par des députés Renaissance, avant d’être finalement retiré. Mais l’opposition de gauche, ainsi que le Rassemblement national n’y ont pas renoncé : après un premier échec devant l’Assemblée nationale en juillet, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, et Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise, plaident désormais pour un référendum d’initiative partagée.

Dans ce contexte, les propos de Geoffroy Roux de Bézieux ont provoqué l’agacement des partisans d’une taxe spéciale. D’une même voix, Fabien Roussel (PCF) et Manuel Bompard (LFI) ont souligné le taux record de dividendes versés aux actionnaires au deuxième trimestre 2022 pour l’année 2021. « C’est pour qui la fin de l’abondance monsieur Geoffroy Roux De Bézieux ? », tacle l’ex-candidat communiste à la présidentielle, en référence aux récents propos d’Emmanuel Macron.

Benjamin Lucas, député EELV accuse lui le numéro 1 du Medef de « séparatisme de classe » et appelle Élisabeth Borne à annuler sa participation aux Universités d’été prévues ce lundi en début d’après-midi. Il n’en sera rien : la Première ministre entend bien profiter de ce passage parmi les chefs d’entreprise pour leur rappeler leurs responsabilités afin de « rendre du pouvoir d’achat aux Français en mobilisant les dispositifs votés début août. »

Et si elle n’entend pas « changer radicalement de position en me mettant à imposer des taxes à toutes les entreprises », elle met aussi en garde dans Le Parisien : « Je le redis, personne ne comprendrait que des entreprises dégagent des profits exceptionnels alors même que les Français peuvent être inquiets pour leur pouvoir d’achat ».

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