La Suisse va annoncer son choix d'un nouvel avion de chasse

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LA SUISSE VA ANNONCER SON CHOIX D'UN NOUVEL AVION DE CHASSE

par John Revill

ZURICH (Reuters) - Le Conseil fédéral helvète s'est réuni ce mercredi pour sélectionner l'avion de chasse de nouvelle génération qui équipera l'armée suisse pour un contrat estimé à 6 milliards de francs suisses (5,5 milliards d'euros) qui a donné lieu à une féroce bataille entre constructeurs européens et américains.

Fort de plusieurs récents succès à l'export, le Rafale de Dassault est cité comme un des favoris mais doit faire face à une concurrence féroce du F-35A Lightning II de Lockheed Martin's, du F/A-18 Super Hornet de Boeing et de l'Eurofighter d'Airbus construit par l'Allemagne et soutenu par l'Espagne, l'italien Leonardo et le britannique BAE Systems.

Selon la télévision suisse, le F-35 a reçu les meilleures évaluations techniques et financières mais la compétition reste ouverte, le choix d'un appareil américain étant loin de faire l'unanimité en Suisse. L'annonce du gouvernement est attendue en début d'après-midi.

Un contrat avec un constructeur européen pourrait être un moyen pour Berne de renouer les liens avec l'Union européenne, distendus depuis la rupture des négociations en vue d'un accord-cadre avec les Vingt-Sept le mois dernier à l'initiative du Conseil fédéral helvète, soulignent les experts.

Pour tenter d'emporter la mise, Airbus a récemment proposé d'assembler l'Eurofighter en Suisse.

La sélection du Rafale marquerait de son côté le premier succès de l'avion français dans un appel d'offres compétitif portant sur des appareils neufs - entre 30 et 40 - après des contrats de gré à gré entre Etats (Egypte, Inde, Qatar, Grèce) et un appel d'offres remporté pour des appareils d'occasion (Croatie).

REBONDISSEMENTS

Quelle que soit l'issue de la compétition, elle sera analysée de près par l'ensemble des constructeurs avant que deux autres pays - la Finlande et le Canada - ne fassent connaître leur choix dans les prochains mois.

La sélection du nouvel avion de chasse a suscité de vives polémiques et rebondissements en Suisse, pays neutre, et le financement du projet n'a été approuvé que par une très faible majorité de 50,2% des électeurs lors d'un référendum qui s'est tenu en septembre dernier.

Après une décennie de discussions et de valse-hésitations, elle est devenue urgente pour l'armée helvète, confrontée à l'usure de sa flotte de F-5E/F Tiger II de Northrop et F/A-18 Hornet de Boeing, qui resteront en service jusqu'en 2030.

Les opposants au projet ont néanmoins fait valoir que la Suisse, qui n'a plus participé à une guerre depuis deux siècles et n'a pas d'ennemi identifié, n'a pas besoin d'acheter des avions de dernière génération aussi coûteux.

A l'origine, le Conseil fédéral helvète avait sélectionné le Gripen du suédois Saab mais le vote destiné à approuver le financement du contrat qui s'est tenu en 2014 a finalement tourné en référendum sur le choix de l'appareil proprement dit, ce qui a conduit à la votation de l'an dernier portant sur l'enveloppe financière consacrée au renouvellement de la flotte.

Entre temps, Saab a décidé en 2019 de se retirer de la compétition pour se concentrer sur la réalisation de contrats en Suède et au Brésil, et sur l'appel d'offres en Finlande (64 avions), où il devra faire face aux mêmes concurrents qu'en Suisse.

(Avec la participation de Tangi Salaün à Paris, édité par Blandine Hénault)

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