La Suisse, toujours plus loin de l’Europe

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Le Conseil fédéral de la Confédération helvétique n'a pas donné suite à l’accord négocié en 2018 avec l’Union européenne pour stabiliser leurs relations.
Le Conseil fédéral de la Confédération helvétique n'a pas donné suite à l’accord négocié en 2018 avec l’Union européenne pour stabiliser leurs relations.

Au début des années 1990, les francophones et la gauche étaient les plus ardents partisans de l'entrée de la Suisse dans l'Union européenne. Le Courrier, publié à Genève, reste le seul organe de presse quelque peu progressiste sur les bords du lac Léman. Dans son éditorial portant sur la décision du Conseil fédéral (gouvernement) de « tirer la prise » sur l'accord-cadre en discussion depuis sept ans entre Bruxelles et Berne, Philippe Bach n'hésite pas à dénoncer « le mélange d'arrogance et de suffisance néolibérale qui sert de boussole idéologique à la bureaucratie communautaire ». Il ajoute que « c'est bien une liquidation des droits sociaux qui était annoncée » si la Suisse était passée sous les fourches caudines de l'Europe.

À l'autre bout du pays, à Zürich, le Blick, principal quotidien du pays, titre « Gratulation an den Bundesrat ! (Félicitations au Conseil fédéral !) ». Le journal populaire assure qu'avec cet accord-cadre, la Suisse aurait été contrainte de déléguer « la supervision de la protection des salaires à Bruxelles et de permettre aux citoyens de l'UE de bénéficier de notre protection sociale, même s'ils n'ont jamais travaillé ici ». Certes, ces deux quotidiens ne reflètent pas forcément l'opinion de la presse helvétique en général. D'autres titres ne se gênent pas pour étriller un gouvernement qui se couche devant une extrême droite toujours aussi violemment antieuropéenne. Malgré tout, cette hostilité générale vis-à-vis de Bruxelles ne man [...] Lire la suite