Suisse: les eaux du lac Léman au bord de l’asphyxie, une menace pour la biodiversité

À cause du réchauffement climatique, le plus grand lac d'Europe n’a plus connu de brassage complet de ses eaux depuis dix ans. Le phénomène est pourtant essentiel pour permettre l’oxygénation et donc, les conditions propices à la vie.

Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Jusqu’à présent, les eaux de surface du Léman se mélangeaient avec les eaux plus profondes tous les cinq à six ans en hiver sous l’effet du froid et du vent. La multiplication des hivers doux a empêché ce phénomène naturel. Et par conséquent, toutes les eaux situées entre 130 mètres et 309 mètres de profondeur stagnent. L’oxygène y devient plus rare et la vie également.

« Il n’y a plus de larves, ni de vers, ni de mollusques au fond du lac, explique Frédéric Soulignac, chercheur pour la commission internationale pour la protection des eaux du Léman. On craint que ce déficit en oxygène impacte aussi les poissons, en particulier une espèce emblématique, l’omble chevalier qui a besoin de température froide. Et les températures les plus froides se trouvent au fond du lac, là où l’eau est désoxygénée. »

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Des risques pour les captages d’eau potable

Si l’oxygène manque au fond du lac, le phosphore, apporté par les activités humaines comme l'agriculture, est lui beaucoup trop présent. « Cela fait dix ans que du phosphore s’accumule au fond du lac à cause de l’absence de brassage complet. On pense que lors d’un prochain brassage complet, tout ce phosphore va être remis à disposition à la surface du lac et pourrait provoquer une importante production d’algues », précise Frédéric Soulignac.

Des algues qui pourraient permettre à des bactéries de proliférer. Avec des risques non seulement pour les baigneurs, mais surtout pour l’alimentation en eau potable. Cela concerne 900 000 personnes, en France et en Suisse. L’automne dernier déjà, plusieurs captages d’eau potable avaient dû être arrêtés à cause de la prolifération de microalgues.

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