La Suisse devient moins attractive pour les chercheurs

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Horizon Europe, c’est 95,5 milliards d’euros consacrés à la recherche et à l’innovation, dont faute d’accord entre Berne et Bruxelles les scientifiques et les chercheurs qui travaillent en Suisse ne vont pas pouvoir profiter au cours des prochaines années. “Mais l’impact n’est pas que financier, l’attrait de la place scientifique suisse est également péjoré” et les universités suisses ont déjà commencé à en subir les conséquences, souligne le quotidien Le Temps.

“On ne peut pas dire précisément quel est le nombre de chercheurs qui ont quitté la Suisse, mais nous avons, après une année et demie à l’écart des programmes européens, un faisceau d’indices qui démontrent très clairement cette tendance”, constate Luciana Vaccaro, rectrice de la Haute École spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), la deuxième plus grande institution universitaire du pays derrière l’Université de Zurich. “La Suisse est sortie du circuit”, résume-t-elle.

“Les projets qui ont le plus d’impact sont toujours collaboratifs. On ne peut pas faire des miracles avec une équipe de deux ou trois doctorants. Il faut partager les idées, les expériences, le savoir. Et cela est très difficile à faire en Suisse aujourd’hui, puisqu’elle est exclue des grands projets européens”, explique Hamed Alavi, un chercheur en intelligence artificielle qui vient de décrocher un poste de professeur assistant à l’Université d’Amsterdam après dix-sept ans passés en Suisse.

Pour rendre sensibles les conséquences de la situation actuelle en termes d’attractivité pour les universités et les laboratoires de recherche suisses, Fabian Barras, un postdoctorant en géophysique, a quant à lui recours à une métaphore sportive. “La Suisse est un acteur majeur du monde académique, comme l’est la Premier League anglaise pour le football. Mais un joueur signerait-il pour un club anglais si ces derniers ne pouvaient plus jouer en Ligue des champions ? ”

Les universités suisses qui figurent régulièrement dans les classements des meilleurs établissements du monde vont-elles pouvoir longtemps conserver leur rang ? s’inquiète Le Temps. Les scientifiques en appellent aux responsables politiques pour que la Suisse “retourne dans le bateau” de la recherche européenne au plus vite.

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