Suisse: la BNS supprime le cours plancher du franc suisse et abaisse son taux à ?0,75%

En septembre 2011, en pleine crise de l'euro, la BNS avait imposé un taux de change minimum à 1,20 franc suisse pour 1 euro afin de lutter contre la surévaluation de sa devise

La Banque nationale suisse (BNS) a aboli le cours plancher du franc suisse face à l'euro, l'axe principal de sa politique monétaire depuis plus de trois ans, et a abaissé son taux d'intérêt de référence à -0,75%, a-t-elle annoncé jeudi.

Son taux d'intérêt directeur, la marge de fluctuation du Libor à trois mois, a été ajusté vers le bas, passant dans une zone comprise entre ?1,25% et ?0,25%, au lieu de ?0,75% à 0,25% précédemment, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

"Afin que sa suppression (celle du cours plancher, NDLR) n'entraîne pas de durcissement inopportun des conditions monétaires, la Banque nationale abaisse considérablement les taux d?intérêt", a-t-elle expliqué.

La banque centrale helvétique a justifié cette décision par les disparités entre les politiques monétaires qui se sont traduites par un net affaiblissement de l'euro face au dollar, et par ricochet par une dépréciation du franc suisse face au billet vert.

"Dans ce contexte, la Banque nationale est parvenue à la conclusion qu'il n'est plus justifié de maintenir le cours plancher", a-t-elle expliqué dans le communiqué.

En septembre 2011, en pleine crise de l'euro, la BNS avait imposé un taux de change minimum à 1,20 franc suisse pour 1 euro afin de lutter contre la surévaluation de sa devise, une valeur refuge par excellence, qui avait lourdement affecté les entreprises exportatrices suisses.

Si cette mesure avait porté ses fruits dans un premier temps, le cours du franc suisse face à la monnaie unique n'a cessé de remonter tout au long de l'année 2014.

Déclenché au départ par la crise en Ukraine, le mouvement de ré-appréciation du franc suisse face à l'euro s'est accentué tout au long de l'année face à l'écart grandissant entre la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et celle de la Réserve fédérale américaine entre lesquelles la BNS se retrouve prise en étau.

En décembre, face aux secousses sur les marchés monétaires liées à la chute du rouble, la BNS avait déjà été contrainte de procéder à un nouvel ajustement en imposant un taux négatif sur les dépôts des banques auprès d'elle.

A l'avenir, la BNS continuera de prendre en compte l'évolution des marchés des devises pour définir sa politique monétaire, a-t-elle fait savoir jeudi.

"Aussi interviendra-t-elle au besoin sur ce marché en vue d'influer sur les conditions monétaires", a-t-elle souligné.

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