Suicide de Mava Chou: retour sur la "descente aux enfers" d'une influenceuse harcelée sur internet

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La YouTubeuse Mava Chou s'est suicidée le 22 décembre, après avoir été l'objet d'une campagne de haine en ligne.  - YouTube - Capture d'écran
La YouTubeuse Mava Chou s'est suicidée le 22 décembre, après avoir été l'objet d'une campagne de haine en ligne. - YouTube - Capture d'écran

"Le fait qu’on puisse s’acharner sur une femme pendant des mois, quand on la sait fragile et qu’elle a fait des tentatives de suicide, je trouve cela horrible. Sans nom. C’est continuer à appuyer sur la tête de quelqu’un qui est en train de se noyer". C'est en ces termes que Romain, 33 ans, s'est exprimé dans Le Parisien dimanche, près de trois semaines après la disparition de sa compagne, Mava Chou.

De son vrai nom Maëva Frossard, l'influenceuse aux 160.000 abonnés sur YouTube s'est donné la mort mercredi 22 décembre. Elle faisait l'objet d'une campagne de cyberharcèlement depuis plusieurs mois et avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide.

Le parquet d'Épinal mène des investigations pour déterminer les raisons qui ont pu mener la jeune femme de 32 ans à mettre fin à ses jours. Une autre enquête, cette fois-ci confiée aux gendarmes de la brigade de recherches de Remiremont, dans les Vosges, suit son cours pour "harcèlement moral ayant poussé au suicide".

"C'est devenu insoutenable pour elle"

Interrogée par ses abonnés sur ses longues absences, Mava Chou expliquait dans sa dernière vidéo, le 15 décembre, ne plus avoir envie de "faire semblant" d'aller bien. "Ces derniers temps, ce n'est pas la grande forme. C'est le cas depuis deux ans, avec des hauts et des bas (...). J'ai beaucoup de soucis personnels et physiquement ce n'est pas non plus la grande forme", avouait-elle alors.

https://www.youtube.com/embed/-DL9ZXuIl6A?rel=0&start=243

Celle qui postait des vidéos sur sa vie de famille depuis 2016 était devenue la cible d'une campagne de cyberharcèlement dont les retombées touchaient également ses proches. Des internautes avaient notamment été jusqu'à passer des appels anonymes à l'école où étaient scolarisés ses enfants et s'étaient rendus au domicile de l'influenceuse pour prendre en photo la voiture de son compagnon.

"Quand des centaines de comptes ont commencé à s’attaquer à son rôle de mère, à ses enfants, à son conjoint, c’est devenu insoutenable pour elle", témoigne ce dernier dans Le Parisien.

Insultes et menaces à répétition

Dans un reportage sur le succès des chaînes familiales sur YouTube, tourné par les équipes de 7 à 8 le 7 décembre et diffusé dimanche, Maëva Frossard confiait son impression d'être prise dans un cercle vicieux, subissant jour après jour insultes et menaces de la part d'internautes.

"C'est une vague incontrôlable. Internet, c'est indélébile, ça ne s'effacera pas", expliquait-elle l'air grave, les traits tirés.

Un cyberharcèlement qui aurait été alimenté par son ex-mari, Adrien Czajczynski, également connu sur les réseaux sociaux. Après leur séparation en 2019, ils s'échangent des piques par vidéos interposées et déballent leur conflit sur internet. Cette confrontation mènera l'influenceur à lancer plusieurs rumeurs sur son ex-femme, jusqu'à insinuer qu'elle inflige de mauvais traitements à leurs enfants.

Une plainte à l'encontre de son ex-mari

Malgré deux plaintes déposées en mars 2021, certains internautes continuent de se déchaîner contre elle, notamment sur Twitter. L'avocat de l'influenceuse a révélé auprès de Vosges Matin avoir déposé une plainte à l'encontre d'Adrien Czajczynski et contre X pour harcèlement moral et provocation au suicide, le jour du décès de Mava Chou.

"Il faut que les gens comprennent que cette lâcheté derrière leur écran est à chaque fois une gifle, un coup de poing, un acte de violence", avance devant les caméras de 7 à 8 Me Stéphane Giuranna, qui milite pour la levée de l'anonymat sur les réseaux sociaux.

Article original publié sur BFMTV.com

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