Suicide de Lucas, 13 ans : la lettre déchirante de la mère de l’adolescent victime de harcèlement

Une enquête pour harcèlement sur mineur de moins de 15 ans a été ouverte après le suicide samedi d’un adolescent de 13 ans à Golbey (Vosges).
BFMTV Une enquête pour harcèlement sur mineur de moins de 15 ans a été ouverte après le suicide samedi d’un adolescent de 13 ans à Golbey (Vosges).

DRAME - « Laissez-moi pleurer dignement mon fils. » Vraisemblablement sollicitée par les médias après le suicide de son fils le 7 janvier, la mère de Lucas, 13 ans, a choisi d’écrire une lettre, qui a été lue en direct par l’une de ses amies au téléphone jeudi 12 janvier, à l’antenne de BFMTV. Dans ce texte court mais poignant, elle dénonce le manque d’« actions concrètes » pour protéger les enfants du harcèlement.

« Lucas, notre petit homme est une victime de plus, une victime de trop. Combien de marches blanches, combien d’enfants en souffrance et de familles cruellement touchées et de frères et sœurs amputés faudra-t-il encore pour que des actions concrètes soient enfin mises en place dans les lieux où chaque enfant a le droit à une scolarité sans harcèlement », a lu la proche de la famille endeuillée, après avoir rappelé la loi du 24 février 2022, qui a fait du harcèlement scolaire un délit.

Une enquête pour harcèlement sur mineur de moins de 15 ans a été ouverte après le suicide de l’adolescent à Golbey (Vosges), a annoncé le parquet d’Épinal. Les proches de Lucas, scolarisé au collège Louis-Armand de Golbey, ont dénoncé dans leurs auditions « des faits de harcèlement commis par des élèves de son collège, en raison de son homosexualité, depuis plusieurs mois », a précisé le procureur de la République, Frédéric Nahon, dans un communiqué.

« Du temps pour trouver les mots et la force »

Lucas et sa mère « avaient fait état de moqueries à la rentrée de septembre » et les faits avaient été « immédiatement pris au sérieux par les équipes du collège, qui ont fait preuve d’une grande vigilance au quotidien, tout en conservant le lien avec l’élève et sa famille », selon le rectorat, rappelant que l’établissement était « engagé dans le dispositif pHARe de lutte contre le harcèlement ».

Contactée par l’AFP, l’avocate de la famille, Me Catherine Faivre, a indiqué que celle-ci n’avait pas porté plainte « à ce stade » : « nous verrons dans un second temps. La famille souhaite enterrer son fils en paix », a ajouté le conseil. C’est aussi le sens du message adressé par l’amie de la famille sur BFMTV.

« Nous vous remercions de tout cœur pour le temps d’antenne que vous consacrerez à rendre hommage à notre petit homme, mais je vous en prie, vraiment, laissez-moi pleurer dignement mon fils, laissez-moi du temps pour trouver les mots et la force nécessaire pour m’exprimer. Je peux vous assurer que le jour où je serai prête, je ne vous lâcherai plus, je consacrerai ma vie à continuer le combat de Lucas. »

Les obsèques du jeune garçon auront lieu ce samedi à Épinal, à l’occasion d’une cérémonie civile ouverte aux proches. Une cagnotte en ligne a été lancée pour les financer. Les parents de la victime ont encouragé les participants à porter un signe distinctif LGBT, en guise d’hommage à leur fils.

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