Suffrage universel indirect, grands électeurs: comment fonctionne la présidentielle américaine

Hugo Septier
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Des pancartes de campagne pour Joe Biden et Donald Trump avant la présidentielle américaine du 3 novembre 2020 - Alex Wong - Getty Images North America via AFP
Des pancartes de campagne pour Joe Biden et Donald Trump avant la présidentielle américaine du 3 novembre 2020 - Alex Wong - Getty Images North America via AFP

Le "D-Day" approche aux États-Unis. C'est ce mardi 3 novembre que le républicain et actuel chef d'État, Donald Trump, et son adversaire démocrate, Joe Biden, s'affronteront dans le cadre de l'élection présidentielle américaine.

Dans un pays de plus en plus sclérosé, l'ancien vice-président de Barack Obama semble avoir pris un avantage conséquent selon les derniers sondages nationaux et pour certains, l'affaire semble entendue, d'autant que les débats qui ont opposé les deux septuagénaires ces dernières semaines n'ont semble-t-il pas inversé la tendance. Sauf que ce serait oublier que le système électoral américain est bien différent de celui connu en France, et qu'il peut encore tout à fait basculer en faveur de Donald Trump.

Suffrage universel indirect

En réalité, les Américains ne votent pas directement pour le prochain président, mais pour un collège électoral composé de grands électeurs chargé d'élire ce dernier, ce qui fait de cette élection un suffrage universel indirect.

Au total, ce collège électoral est composé de 538 grands électeurs répartis sur les 50 États du pays. Cependant, certains pèsent bien plus que d'autres: par exemple, la Californie compte 55 grands électeurs, le Texas 38 et la Floride 29. A l'inverse, le Montana ou le Dakota du Nord n'en représentent que 3.

Autre subtilité, l'élection est régie, pour l'ensemble des États à l'exception du Maine et du Nebraska, par la règle du "winner-takes-all". En d'autres termes, si un candidat remporte un État, il remporte également l'intégralité de ses grands électeurs. Comme ce fut le cas en 2016, un candidat peut ainsi remporter le scrutin au niveau national, mais pour autant perdre l'élection, car devancé dans les États qui comptent le plus.

Pour devenir le nouveau président des États-Unis, le gagnant doit atteindre 270 grands électeurs.

Investiture officielle le 20 janvier 2021

De fait, l'élection présidentielle américaine se déroule en deux volets distincts. Si le 3 novembre prochain les Américains sont bien appelés aux urnes, pour un vote qui a toutefois débuté par correspondance depuis maintenant plusieurs semaines, ce n'est que plusieurs semaines plus tard que les grand électeurs voteront à leur tour.

Tradictionnellement, c'est en décembre de l'année du scrutin que les grands électeurs se réunissent à Washington pour élire le président et son vice-président. Sauf rares exceptions, ces derniers votent bel et bien pour le candidat pour lequel ils sont nommés, bien qu'ils n'y soient pas officiellement tenus.

Finalement, les votes des grands électeurs sont dépouillés début janvier lors d'une session exceptionnelle du Congrès, quelques jours avant l'investiture officielle du candidat désigné, prévue pour le 20 janvier 2021.

Article original publié sur BFMTV.com