«Il suffit de 1000 m2 pour ouvrir une école et faire ce que vous voulez»

Libération.fr

Alice Guilhon, directrice d’une école de management et membre de la Conférence des grandes écoles, réclame un grand ménage pour lever les suspicions.

Alice Guilhon est directrice générale de Skema Business School et représentante des écoles de management à la Conférence des grandes écoles (CGE).

Y a-t-il une augmentation du nombre d’écoles privées recrutant après le bac?

Nous n’avons pas de vision précise des nouveaux entrants sur le marché, c’est l’un des problèmes. En France, il vous suffit de louer 1000 mètres carrés, avec un bon emplacement, pour ouvrir une école et faire ce que vous voulez. Sans que personne ne vous dise rien, ni ne contrôle ce que vous faites. Certaines jouent le jeu, d’autres non. Leur business jette l’opprobre sur nos formations. Il y a un vrai travail à faire, un audit de qualité de toutes ces écoles. Il faut faire le ménage.

Egalement au sein de la conférence des grandes écoles ?

Pour faire partie de la CGE, il faut remplir des conditions strictes (sélection à l’entrée, taille minimale, une participation à la recherche…). C’est un bon filtre, et donc un gage de qualité. Nos écoles étoffent leurs programmes depuis quelques années, et proposent désormais, notamment en management, des formations de type bachelor, qui se font en trois ans après le bac.

Tous les diplômes des écoles de la CGE, même les bachelors, sont-ils reconnus par l’Etat ?

Non, et nous le déplorons. C’est incompréhensible. Les cinq meilleures écoles de finance au monde, dans les classements internationaux, sont françaises. Or, elles délivrent des diplômes qui ne sont pas tous reconnus dans leur propre pays ! C’est un non-sens. Il n’y a qu’en France qu’une situation pareille peut se produire.


Quelle en est la cause ?

L’évaluation de tous les diplômes est techniquement impossible. La Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion, qui fait un travail remarquable, analyse 22 diplômes par an. Or, rien qu’au sein de la CGE, nous avons une quarantaine d’écoles de (...)

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