Subventions sous conditions : Biden veut forcer les fabricants de puces à changer leurs pratiques

PHOTO PETE MAROVICH/THE NEW YORK TIMES

“Biden parie sur les aides publiques pour changer le comportement des entreprises”, titre The New York Times. Washington a approuvé l’an dernier un plan massif pour soutenir la production des semi-conducteurs aux États-Unis. Le 28 février, l’administration démocrate a lancé le processus d’attribution de près de 40 milliards de dollars [quelque 38 milliards d’euros] de subventions… soumises à conditions.

Car si les fabricants de puces électroniques veulent en profiter, “il leur faudra fournir une solution de garde d’enfants à leurs employés, faire tourner leurs usines avec des énergies peu émettrices de gaz à effet de serre, payer des travailleurs syndiqués pour la construction des bâtiments, éviter les rachats d’actions et potentiellement partager une partie de leurs profits avec l’État”.

Plusieurs objectifs en même temps

Cette politique constitue “un pari”, souligne le journal de centre gauche ; “elle est aussi clairement en rupture avec la façon dont les États-Unis traitent traditionnellement leurs grandes entreprises”.

Si son plan fonctionne, le président Joe Biden pourrait “atteindre plusieurs buts en même temps”. Cependant, “d’après certains économistes, même favorables à d’importantes dépenses fédérales pour soutenir des industries stratégiques, ses principaux objectifs économiques risquent de se retrouver dilués”.

“Les partisans de la politique industrielle devraient craindre non seulement que ça se solde par un échec, déclare au New York Times Adam Ozimek, du think tank Economic Innovation Group, mais que la politique industrielle s’en trouve discréditée pour des décennies.”

Bienvenue en France

“La loi sur les puces [Chips Act] est devenue une politique sociale industrielle”, déplore de son côté The Wall Street Journal dans un éditorial. “Les subventions publiques ne sont jamais gratuites, et nous savons désormais le prix que devront payer les fabricants de semi-conducteurs aux États-Unis”, écrit le journal conservateur.

“Ils deviendront les serfs d’une politique sociale progressiste.”

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